La réforme de l'audiovisuel, qui visait à créer un regroupement des grandes entités comme France Télévisions, Radio France et l'INA, est confrontée à un avenir incertain. En effet, ce projet de loi, qui devait redéfinir le paysage audiovisuel français, semble à présent enterré en raison de tensions politiques croissantes, notamment avec le Parti socialiste, qui a exprimé des réserves sérieuses concernant le budget alloué.
Selon Les Echos, Sebastiens Lecornu a décidé de mettre cette réforme de côté. Ce projet, en discussions depuis plusieurs années, ne devrait pas être inscrit pour une seconde lecture à l'Assemblée nationale. Une députée a déclaré : « On avait tous peu d'espoir que cette loi revienne à l'Assemblée. » De plus, une récente Commission d'enquête sur l’audiovisuel public a mis en lumière des préoccupations sur la neutralité et le financement de ces médias, accentuant ainsi la méfiance envers France Télévisions et réduisant le soutien à la réforme.
Pour Rachida Dati, ministre de la Culture, cette réforme était « indispensable », insistant sur le fait qu'elle devait figurer dans un « calendrier parlementaire ». Elle a également mentionné que ce projet n'était pas « une affaire personnelle », rejetant les critiques qui émergeaient autour de son rôle dans l’industrie médiatique, notamment après une enquête sur France 2.
Les élections présidentielles comme facteur déterminant
Les députés commencent à comprendre les implications politiques de la situation. Cécile Calvez, députée EPR des Hauts-de-Seine, a exprimé que « plus on se rapproche de 2027, plus il sera compliqué de mettre en place cette réforme ». En effet, les enjeux politiques liés à l'élection présidentielle à venir peuvent imposer une pause dans toute tentative de réforme radicale.
Pour d'autres experts, comme Sophie Taillez-Polian, députée écologiste et sociale du Val-de-Marne, ce n'est pas simplement un renoncement, mais une reconnaissance de l'hostilité croissante au sein de l'Assemblée. Elle déclare : « Le gouvernement doit acter une réalité : il ne pourra faire passer cette réforme qu'avec le soutien du Rassemblement National. »
Introduite en 2017 dans le programme d'Emmanuel Macron, cette réforme, qualifiée de « maudite » par certains députés, a été entravée par la crise de la Covid-19 et les fluctuations politiques telles que la dissolution de l'Assemblée nationale prévue pour juin 2024. Son retrait pourrait ouvrir la voie à d'autres projets gouvernementaux visant à renforcer l’indépendance éditoriale, la viabilité économique des médias et le pluralisme, des thèmes essentiels dans le paysage médiatique actuel.







