À un mois des élections municipales, la tension était palpable lors du dernier Conseil de Paris dirigé par la maire Anne Hidalgo. Ce lundi, Rachida Dati et ses collègues de l’opposition LR ont quitté la séance, dénonçant l'inaction du gouvernement sur les violences sexuelles au sein du périscolaire. Hidalgo a répliqué en accusant Dati de vouloir déplacer le débat politique.
Jean-Pierre Lecoq, élu LR du 6e arrondissement, n’a pas mâché ses mots, affirmant : "Votre seule réponse a été 'circulez, il n’y a rien à voir!'" Son intervention a provoqué une sortie bruyante de l’hémicycle, peu après le début des débats. Le communiqué des élus LR, MoDem et UDI a également souligné l'indifférence de l'exécutif face à la gravité de la situation.
Une ambiance électrique
La maire socialiste, en fin de mandat, a dénoncé cette "politique de la chaise vide", posant la question de la véritable intention de son adversaire : "Peut-être que Madame Dati avait peur des interrogations concernant ses casseroles?" a-t-elle déclaré en regardant les élus quitter la salle.
Pour Dati, ancien ministre, les tensions s'expliquent par des accusations de corruption à son encontre, qui l'ont conduise au tribunal correctionnel en septembre prochain. Elle conteste vigoureusement les accusations, mais les déclarations d'Hidalgo ont renforcé les préoccupations concernant la transparence et l'impartialité des candidates.
Ian Brossat, co-président du groupe communiste, a aussi critiqué le boycott de l'opposition, le qualifiant de prétexte pour éviter un hommage essentiel.
Des propositions pour l'avenir
La question des violences dans le périscolaire domine les débats électoraux. Dati, dans son programme, appelle à ce que "plus aucun enfant ne se retrouve seul avec un adulte durant le périscolaire" et suggère un retour à une semaine de quatre jours. De son côté, Emmanuel Grégoire, candidat de la gauche unie, promet une "refonte" complète du système et le recrutement de 2 800 agents.
L’accroissement des signalements de violences sexuelles a rendu cette problématique cruciale dans la campagne, et la DéFenseure des enfants, Dominique Versini, a déjà évoqué 150 signalements depuis sa nomination. Avec des mois d'intervention sans résultats tangibles, les électeurs se tournent vers des solutions concrètes.







