Pour s'adapter à une demande croissante, le géant français de l'électronique Thales a annoncé le 9 février son intention de recruter 9 000 nouvelles personnes à travers le monde d'ici 2026, dont 3 300 en France. Parmi ceux-ci, plus de 200 postes seront basés dans le Loiret, notamment sur les sites de La Ferté-Saint-Aubin et Fleury-les-Aubrais.
Cette initiative fait partie d'une stratégie globale de redynamisation du groupe, particulièrement mise en lumière par la hausse des commandes depuis le déclenchement de la guerre en Ukraine. En France, Thales espère renforcer ses effectifs avec 120 postes supplémentaires à La Ferté-Saint-Aubin et 90 à Fleury-les-Aubrais, témoignant ainsi d'une vision d'expansion ambitieuse dans un secteur en pleine évolution.
Des recrutements bien accueillis mais source de questionnements
Alors que cette annonce est majoritairement perçue comme une bonne nouvelle, elle soulève également des préoccupations. Armelle Bruant, déléguée CGT à La Ferté-Saint-Aubin, a exprimé des réserves : "Recruter un grand nombre de personnes sans une formation adéquate peut accroître les risques au sein de l'entreprise". Cette opinion souligne la nécessité d'une intégration rigoureuse des nouveaux employés pour garantir sécurité et efficacité.
Elle a également nuancé les chiffres avancés par Thales, mentionnant que seulement 60 postes soient réellement confirmés. D'après Bruant, "la moitié des recrutements à La Ferté dépend d'un contrat de production majeur qui n'est pas encore signé", ce qui accentue l'incertitude qui plane sur ces embauches.
La quête de compétences adaptées mais la crainte de l’insuffisance
En juin 2024, le site de La Ferté-Saint-Aubin a pour objectif de quadrupler sa production de munitions pour répondre aux besoins de l'armée française. Pourtant, Bruant estime que "les 60 postes prévus ne suffiront pas à atteindre cet objectif sans détériorer les conditions de travail des employés". De plus, l'inquiétude persiste quant à la durabilité des contrats à long terme, surtout si le climat géopolitique venait à changer.
La préoccupation des employés ne se limite pas seulement aux salaires, mais aussi à la stabilité de leurs emplois. Bruant souligne que "en cas de cessation des conflits, l'armement pourrait ne plus constituer une priorité, rendant ces postes précaires". Ainsi, même si la demande de renforcement des équipes est réelle, il reste à voir si ces nouveaux emplois répondent véritablement aux besoins tout en garantissant des conditions de travail satisfaisantes.
Tout en étant un signe positif pour l'économie locale, les recrutements chez Thales sont aussi un motif de réflexion sur les enjeux plus larges que soulèvent la sécurité au travaill et les perspectives d'avenir de l'industrie. Dans ce contexte, le dialogue entre la direction et les employés reste essentiel.







