On enchaîne les saisons moroses.
Kevin Masse, maraîcher à Mazé-Beaufort, près d'Angers, décrit une situation difficile. Les aléas climatiques semblent être un véritable fléau pour les agriculteurs, et chaque saison apporte avec elle son lot de défis. Cette fois-ci, ce sont des températures anormalement douces qui perturbent l'équilibre du marché, laissant de côté les années de sécheresse et les pluies torrentielles.
Durant cet automne et cet hiver, Kevin souligne que les conditions ont été relativement clémentes, excepté une brève période de grand froid en décembre. Nos rendements sont donc intéressants dans l'ensemble
, explique-t-il, évoquant son exploitation de 80 hectares, dont 40 en agriculture biologique.
Pourtant, cette bonne récolte ne se traduit pas par des ventes. Les poireaux, pris en exemple, connaissent une surproduction qui contraste avec la stagnation de la consommation. Quand on voit les prix du poireau en supermarché, trois à cinq fois supérieurs à nos prix de vente, les marges ne sont pas perdues pour tout le monde
, déplore Kevin.
Les agriculteurs se retrouvent donc dans une situation délicate. Alors que la demande stagne, ils accumulent des stocks invendus, impactant gravement leur rentabilité. Il est essentiel de repenser les habitudes d'achat des consommateurs pour soutenir les productions locales.
« La prise de conscience autour de l'alimentation locale et de saison est plus que nécessaire », souligne Marie Dupont, experte en agroécologie. Il est impératif d'encourager un retour vers des pratiques alimentaires plus respectueuses de l'environnement et des agriculteurs qui la font vivre.







