Alden Biesen (Belgique) (AFP) – Les dirigeants de l'Union européenne se réunissent jeudi pour passer à l'action et renforcer la compétitivité du marché européen, menacé par la montée en puissance de la Chine et les manœuvres commerciales des États-Unis, sous l'ère Trump.
Cette rencontre se déroulera dans le cadre historique du château d'Alden Biesen, symbole puissant d'une Europe unie. Lieu de retraite privilégié, il offre un cadre moins formel pour discuter des enjeux cruciaux que traverse le bloc.
Au menu, l'urgence de réformer le marché unique européen, une entité représentant 450 millions de consommateurs, aujourd'hui mise à mal par des forces externes. La Chine, avec son contrôle des terres rares essentielles et son surplus commercial croissant, ainsi que les États-Unis, qui menacent d'imposer des douanes, pèsent lourdement sur l'économie européenne.
Avec la part de l'UE dans le PIB mondial tombée sous les 15 %, le signal d'alarme a été lancé. L'ancien président de la BCE, Mario Draghi, a lui-même souligné cette réalité alarmante lors d'une présentation il y a 18 mois : "Souhaitez-vous que l'UE reste un marché soumis aux priorités des autres ou qu'elle devienne une puissance sur la scène mondiale ?"
Les discussions de jeudi auront pour but d'accélérer des solutions déjà identifiées. La Commission européenne a déjà proposé un programme ambitieux pour renforcer la compétitivité, mais le long chemin réglementaire freine sa mise en œuvre.
Vers un traitement de choc
Les dirigeants comptent lever les obstacles internes et faciliter l'accès aux marchés de capitaux pour les entreprises. Cependant, des tensions politiques subsistent au sein de l'UE. Ursula von der Leyen, présidente de la Commission, a récemment exhorté à des avancées législatives, tout en annonçant un projet ambitieux : le statut juridique "EU Inc". Ce statut serait destiné à alléger le fardeau administratif pesant sur les entreprises.
La divergence d'opinions reste palpable, notamment entre Emmanuel Macron, qui prône une "préférence européenne" pour les entreprises bénéficiant de fonds publics, et Friedrich Merz, le chancelier allemand, qui milite pour des restrictions plus sévères. Les deux dirigeants ont reconnu lors d'un récent sommet à Anvers la nécessité d'avancer rapidement, mais leurs approches divergent nettement.
Alors que l'Europe s'efforce d'adopter des emprunts communs pour financer ses projets, certains pays, dont l'Allemagne, expriment des réserves sur des solutions qui ne seraient pas couplées à des réformes internes.
Malgré ces tensions, un diplomate européen souligne : "Il existe une volonté commune d'avancer, même si des nuances politiques subsistent." Tout semble donc prêt pour un débat riche et potentiellement décisif lors de cette réunion cruciale.
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