Après deux années de débats et d'attentes, le gouvernement de Christophe Lecornu a décidé de passer par décret pour promulguer la PPE3, une décision qui soulève des inquiétudes parmi les experts du secteur. Comme le rapporte Valeurs Actuelles, cette démarche contourne le processus parlementaire, provoquant des réactions vives parmi les élus et les acteurs de l'énergie.
Alors que la loi Grémillet, qui évalue les objectifs énergétiques de la France, est encore en cours de discussion, le gouvernement choisit d'ignorer le Parlement, saisissant l'occasion de mettre un terme aux interminables débats autour de la feuille de route énergétique pour la prochaine décennie. La PPE3, décrite par certains comme l'Arlésienne de la politique énergétique, a en effet subi de multiples retards et remaniements depuis son annonce initiale.
La situation s’avère complexe pour le gouvernement, pris entre les exigences des lobbies éoliens appelant à une clarification rapide des orientations et les inquiétudes des experts qui signalent de graves risques budgétaires et de compétitivité associés à cette feuille de route. Fabien Bouglé, expert en politique énergétique et directeur de la revue Transitions & Energies, explique que de nombreux éléments de la PPE3 restent flous. Les prévisions parlent d'un accroissement de la capacité de l'éolien terrestre et d'objectifs ambitieux pour l'éolien en mer, sans chiffres concrets disponibles à ce jour.
Augmentation des taxes liées aux énergies renouvelables
Initialement, la PPE3 souhaitait réduire la part des énergies fossiles à 30 % d'ici 2035, impliquant une hausse significative de l'éolien en mer et des panneaux photovoltaïques. Cette stratégie, qui a pour ambition d'accélérer la transition énergétique, entraîne néanmoins des coûts abyssaux, estimés à 150 milliards d'euros, augmentant la pression sur les factures d'électricité des Français. Les experts tirent la sonnette d'alarme, avertissant que les coûts d'électricité, déjà augmentés de 100 % depuis 2014, pourraient continuer à grimper dans les années à venir.
Avec une consommation d'électricité en baisse en France, la question de la pertinence de cette stratégie se pose : pourquoi multiplier les installations alors que la production est déjà supérieure à la demande ?
Face à ces enjeux, le gouvernement semble déterminé à avancer, même si cela implique de naviguer dans des eaux tumultueuses. La PPE3 pourrait bien façonner le paysage énergétique français, mais avec des défis redoutables à relever.







