Le 11 août 1987, le corps mutilé de la petite Inass, âgée de 4 ans, a été retrouvé dans un fossé le long de l'autoroute A10 par deux agents. Des décennies après ce crime horrifiant, ses parents vont enfin être jugés, du 9 au 27 novembre 2026, au tribunal de Blois.
En effet, cette affaire, l'un des cold cases les plus notoires de France, alimente encore aujourd'hui les discussions et a été le sujet de plusieurs documentaires. La mort d'Inass, qui est désormais surnommée "la petite martyre de l’A10", est le résultat d'actes de violence inouïs qui ont choqué le pays et laissé une empreinte indélébile dans la mémoire collective.
Les détails horribles entourant ce drame commencent avec la découverte tragique du corps de la fillette dans un fossé à proximité de Suèvres, un village entre Orléans et Tours. Selon des rapports médicaux, le corps présentait des marques de brûlures et des cicatrices dues à des morsures, ce qui a conduit le juge d'instruction à évoquer des actes d'une cruauté inimaginable. En 2018, lors d'une interview au Parisien, Marc de Tarlé, ancien responsable de l’enquête, a affirmé que "le meurtre de cette fillette tenait particulièrement à cœur aux enquêteurs, qui n'ont jamais abandonné".
Le plus grand appel à témoins de l'histoire judiciaire française
La recherche d'informations sur l'identité de la victime a mené à l'un des plus grands appels à témoins de l'histoire française. Des affiches avec la photo d'Inass ont été collées dans 65 000 écoles et 30 000 mairies à travers le pays et au-delà, dans plus de 30 pays. Ce traumatisme national a perduré pendant des décennies sans résolution, laissant un vide douloureux dans la vie des habitants de Suèvres, où la tombe d'Inass est régulièrement fleurie.
Actes de barbarie et complicité
En dépit des ordonnances de non-lieu en 1991 et 1997, l'affaire a refait surface environ 30 ans plus tard, grâce à des prélèvements ADN effectués sur le frère de la victime. En juin 2018, les parents d'Inass, Halima El Bakhti et Ahmed Touloub, ont été interpellés après une correspondance ADN révélée par le fichier national automatisé des empreintes génétiques.
A leur garde à vue, chacun a tenté de rejeter la faute sur l'autre, tout en s'accusant de violences conjugales. Les recours de leurs avocats ont plusieurs fois retardé le procès, mais en septembre 2024, la Cour de cassation a enfin permis l'avancement des accusations. Halima est accusée de torture et d'actes de barbarie ayant entraîné la mort, tandis qu'Ahmed est jugé pour complicité à 74 ans.
Ce procès, désormais étiqueté "sensible", doit apporter justice à une fillette dont l'innocence a été brutalement arrachée. L'avocate de l'association Enfance et partage, Agathe Morel, exprime l'espoir que ce procès "redonne un peu de dignité à cette fillette qui a perdu son identité". Le nom d'Inass continue de hanter les mémoires et rappelle l'importance de la justice et de la vigilance sociale.







