Le gouvernement a immédiatement sanctionné une magistrate et deux gendarmes suite à la publication d'un rapport soulignant d'importants dysfonctionnements liés à la mort de Lyhanna, une jeune fille de 11 ans. Ce rapport a mis en lumière de nombreuses erreurs dans le traitement de son cas.
"L'urgence n'a pas été prise en compte" ; cette phrase résume les critiques formulées par les enquêteurs sur les manquements des gendarmes et du parquet. Le Premier ministre Sébastien Lecornu a promis de ne pas se dérober face à cette "vérité d'une extrême gravité" révélée par l'inspection générale de la gendarmerie nationale (IGGN) et celle de la justice (IGJ).
Laurent Nuñez, le ministre de l'Intérieur, a demandé la "mutation d'office" du directeur d'enquête et du commandant de compagnie de Condom, en les plaçant sur des postes ne nécessitant pas leur participation active à des enquêtes judiciaires. De son côté, Gérald Darmanin a annoncé des sanctions à la hauteur des “défaillances graves” observées concernant un substitut du parquet d'Auch, en retirant à celle-ci son habilitation à traiter des affaires impliquant des mineurs, même avant la fin de l'enquête administrative.
Concernant son propre avenir, Darmanin a évacué la question de sa démission, malgré les demandes de plusieurs responsables d'opposition, tout en insistant sur le fait qu'il avait donné des directives claires aux parquets concernant la priorité à accorder aux crimes, notamment la pédocriminalité, directives qui auraient été ignorées.
Les syndicats de magistrats ont, quant à eux, souligné le besoin urgent de moyens supplémentaires pour un système judiciaire débordé par le volume des affaires à traiter.
- "Un avant et un après Lyhanna" -
Le rapport rendu par l’IGJ a suscité un vif émoi national, en détaillant un "cumul de pertes de temps et une absence de suivi des procédures", tant du parquet que de la gendarmerie. Jérôme Barella, principal accusé dans cette affaire tragique, n'avait jamais été inquiété, malgré une plainte de la mère d'une autre victime, une enfant de 11 ans, dénonçant des abus répétés.
Cette plainte n'a pas été jugée prioritaire, et sa gestion s'est révélée inappropriée, du point de vue de Stéphane Nöel, chef de l'IGJ. Le ministre Lecornu a affirmé qu'il était impératif d’améliorer la "chaîne de protection", car une succession d’erreurs et de négligences était à l'origine de cette tragédie.
Darmanin a également précisé que le gouvernement avait d'ores et déjà examiné 70 000 dossiers de plaintes concernant des enfants, ce qui a entraîné l'arrestation de 134 suspects pour des violences sexuelles dans les derniers jours. Il a promis: "Il y a un avant et un après Lyhanna".
- "Situation intenable" -
La mort de Lyhanna continue de provoquer des mobilisations exigeant une meilleure protection des victimes de violences sexuelles. À l'aube des prochaines élections présidentielles, divers responsables politiques proposent leurs solutions, allant jusqu'à des mesures drastiques comme la castration chimique pour les agresseurs.
Marine Tondelier, présidente des Écologistes, a évoqué les défis de la justice, tandis que Sébastien Chenu (RN) a dénoncé la persistance de Darmanin à son poste. Le gouvernement est sous pression pour établir un texte législatif visant à répondre à cette urgence, avec un projet de loi tourné vers la protection de l’enfance prévu pour les prochains conseils des ministres.







