ÉDITO. Au Liban, on parle de paix, mais le pays continue de ployer sous les bombardements. Ce constat met en lumière les paradoxes d’une nation en quête d’un avenir meilleur, alors qu’un passé violent la hante encore.
Le Liban se trouve à la croisée des chemins. Tandis qu'il récolte les fruits amers de décennies de conflits, les forces armées étrangères continuent de peser sur son destin. Les Pesdarans, représentant la volonté iranienne, méprisent souvent les décisions des dirigeants libanais. Comme le souligne Valeurs Actuelles, des figures comme Hassan Nasrallah hésitent à s'engager davantage dans les conflits régionaux, comme celui avec le Hamas.
Cette quête de paix semble un rêve illusoire dans un pays dont l'autonomie a été minée par des années d'occupations syrienne et israélienne. Le gouvernement libanais tente de relancer des négociations, entamées en mai 1982, mais qui sont rapidement mises à mal par des pressions extérieures et les lois d'armistice désuètes de 1949.
Des défis multiples se dressent devant le Liban, notamment la volonté de certains, perçue comme historique, de maintenir un processus de paix avec Israëll, associé à la crainte d’un retour à la guerre civile. Un équilibre fragile qui pourrait facilement se briser.
Le piégeage de la paix par la force
Face à cette situation complexe, un premier défi émerge : la possibilité que la paix ne soit que l’expression d'une domination similaire à la Pax Romana. Les pays de la région se trouveront obligés de s’adapter à une nouvelle géopolitique au risque de voir leurs cultures et identités écrasées.
Actuellement, une alliance entre les États-Unis et Israël se dessine, malgré certaines divergences. Comme le mentionne Valeurs Actuelles, cette coopération stratégique continue de façonner l'avenir de la région, même s'il est évident qu'Israël agira selon ses propres intérêts sans jamais s’y soumettre intégralement.
La normalisation avec un ancien ennemi soulève également des interrogations. Il devient vital d’épouser une approche créative et durable, où l'éducation et la culture pourraient former des ponts, plutôt que de s’enliser dans des conflits destructeurs. Cela nécessiterait une vision audacieuse et une volonté politique ferme.
Une paix à construire sous la menace
La responsabilité de cette quête de paix incombe au général Joseph Aoun, à son Premier ministre Nawaf Salam, et à Nabih Berri, figures historiques de la politique libanaise. Cependant, le chemin est semé d'embûches, comme l'illustre l'histoire tragique de l'assassinat de Bachir Gemayel en 1982, un précédent qui demeure dans les mémoires. Nous nous trouvons à un tournant similaire aux accords Sykes-Picot de 1920, mais sous un nouvel éclairage avec les accords d'Abraham.
Ainsi, le Liban doit garder en tête une leçon essentielle : rien ne se bâtit durablement sans une paix véritable, un impératif que saint Augustin résume par la nécessaire tranquillité de l'ordre.







