Actuellement, la métropole rennaise se retrouve avec 220 000 m² de bureaux inoccupés. Ce chiffre alarmant continue d'augmenter depuis 2022, alimenté par les transformations du secteur tertiaire et une instabilité politique et économique croissante. La question de l'avenir de ces espaces vacants devient cruciale.
Les mutations dans le monde des affaires, telles que l'essor du télétravail et l'adoption du flex office, ont redéfini notre conception du bureau. Ces changements, combinés à une conjoncture instable, entraînent un désintérêt croissant pour les bureaux traditionnels. Effectivement, le marché de l'immobilier de bureau connaît une contraction depuis 2022, bien que Rennes semble mieux s'en sortir que d'autres villes françaises.
220 000 m² de bureaux disponibles
Le concept de l'offre et de la demande est ici évident : une diminution de la demande s'accompagne inévitablement d'une augmentation de l'offre. Avec 220 000 m² de bureaux disponibles, la métropole fait face à une hausse de 28 % par rapport à l'année dernière. Selon Kevin Levaire, président de la Fnaim Entreprises 35, cette situation est principalement due à la montée des bureaux de seconde main, représentant 165 000 m² de cet espace. « De grandes entreprises migrent vers des constructions neuves, mieux localisées et plus économes en énergie », précise-t-il.
Il souligne également que le centre-ville de Rennes, en particulier autour de la gare, continue d'attirer les entreprises grâce à sa centralité. L'accès à des commodités comme des restaurants, des salles de sport et des transports en commun est devenu crucial au moment où les attentes des salariés évoluent.
friches : un problème croissant ?
Les zones périphériques, en revanche, font face à des défis considérables. Le président de la Fnaim Entreprises 35 estime qu'entre 20 et 25 % des bureaux dans ces régions sont obsolètes. Eric Debarnot, directeur de Giboire entreprise et commerce, s'interroge : « Devons-nous craindre l'émergence de friches tertiaires prochainement ? »
Sur le plan national, l'important stock de bureaux vacants pourrait représenter une issue à la crise du logement. En vertu du principe de « zéro artificialisation nette », transformer ces espaces pourrait limiter l'étalement urbain. Toutefois, Kevin Levaire prévient : « Ces transformations sont complexes, car ces bâtiments n'ont pas été conçus pour d'autres usages ». Pour avancer, il sera essentiel de collaborer entre propriétaires et pouvoirs publics afin de rénover et trouver de nouvelles solutions adaptées.
Des initiatives ont déjà vu le jour, comme un projet en cours près des Longs Champs, au nord-est de Rennes, qui vise à transformer plusieurs milliers de mètres carrés de bureaux en résidences-services dédiées aux seniors.







