Vers un nouvel avenir énergétique : le nucléaire en vedette, l'éolien et le solaire en panne

La France revoit sa stratégie énergétique : plus de nucléaire, moins de renouvelables.
Vers un nouvel avenir énergétique : le nucléaire en vedette, l'éolien et le solaire en panne
Le gouvernement de Sébastien Lecornu révèle les principales orientations de la troisième programmation pluriannuelle de l'énergie, dont les détails seront dévoilés vendredi matin après sa publication au Journal officiel.

Quel avenir énergétique pour la France d'ici 2035? Le gouvernement a annoncé une stagnation de la consommation électrique, ce qui le pousse à modérer le développement des énergies éolienne terrestre et solaire au profit d'une relance significative du nucléaire. Cette nouvelle feuille de route énergétique, attendue depuis trois ans, s'emploie à intensifier l'usage d'une électricité décarbonée, principalement nucléaire, pour diminuer la dépendance aux énergies fossiles coûteuses.

La présentation de ce document stratégique, couvrant la période de 2025 à 2035, permettra aux acteurs du secteur de concrétiser leurs projets tout en anticipant les futurs investissements nécessaires. À cette occasion, le Premier ministre Sébastien Lecornu échangera avec divers anciens ministres et experts lors d'une visite des barrages hydroélectriques de Saut-Mortier et de Vouglans dans le Jura.

Réduire la consommation d'énergie fossile de 60 à 40% d'ici 2030

La feuille de route publique spécifie la part de chaque source d'énergie dans la production au cours de la prochaine décennie, établissant un cap pour une augmentation substantielle de la production d'énergie décarbonée. "La PPE3 doit favoriser l'essor de la production d'électricité verte en parallèle d'une réduction significative des énergies fossiles", souligne le document de la PPE.

Le gouvernement vise une production d'électricité totalement décarbonée d'ici 2035, étroitement liée à l'électrification croissante des usages, notamment dans des secteurs tels que le transport électrique, la climatisation avec des pompes à chaleur, et l'industrie.

"Actuellement, près de 60% de notre consommation finale d'énergie provient des combustibles fossiles. Notre objectif est de réduire ce chiffre à 40% d'ici 2030", précise le document, soulignant l'objectif d'un revers entre les énergies fossiles et les renouvelables.

La PPE3 envisage une renaissance significative du nucléaire, faisant marche arrière par rapport à la précédente programmation qui prévoyait la fermeture de 14 réacteurs. Elle s'engage plutôt à optimiser le parc existant dès 2030 avec des projections de production variant entre 380 et 420 terawatt-heures, en hausse par rapport à 320 TWh en 2023. EDF, l'électricien national, avait précédemment établi des prévisions de 400 TWh. De plus, la cadence de l'éolien en mer va également bénéficier d'un ajustement temporel en réponse aux retards accumulés, bien que l'éolien terrestre et le solaire continuent d'être affectés par la stagnation de la demande d'électricité.

Objectifs alignés avec les prévisions positives de RTE

La PPE3 poursuit également le développement des énergies renouvelables terrestres, en ajustant les objectifs d'installation pour tenir compte des évolutions récentes du marché électrique. Ces objectifs sont harmonisés avec l'un des scénarios les plus favorables, établis par RTE, le gestionnaire du réseau d'électricité, lequel a revu à la baisse ses prévisions de consommation électrique d'ici 2030.

Les acteurs de l'éolien et du solaire ont rencontré Sébastien Lecornu dans l'espoir que le gouvernement respecte les perspectives établies. Ainsi, la production solaire prévue pour 2030 a été revue à la baisse, passant de 54 à 48 gigawatts, de même l'éolien terrestre sera limité à 31 GW, contre 33 GW dans les prévisions précédentes. Cette évolution a engendré des débats houleux, divisant les opinions entre ceux prônant un retour exclusif au nucléaire et les défenseurs d'un mix énergétique équilibré.

"L'inertie serait une véritable erreur", a rétorqué sur X Sébastien Lecornu en réponse à Marine Le Pen, en évoquant la "dépendance géopolitique" aux hydrocarbures, susceptible de devenir risquée.

Enfin, le Rassemblement National a exprimé ses inquiétudes vis-à-vis des "conséquences négatives" de cette nouvelle programmation sans pour autant initier une censure à l'égard du gouvernement, tandis que Marine Tondelier, des Écologistes, a exprimé sa satisfaction que la filière reçoive enfin des directives claires, loin de tout moratoire sur les renouvelables.

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