Dans un avis récemment publié, l'Autorité de la concurrence a jugé que les dispositifs en place pour lutter contre la vie chère en Martinique sont "utiles mais insuffisants". En effet, elle souligne que les écarts de prix par rapport à la métropole ne sont pas seulement dus à des marges excessives des distributeurs, mais également à des facteurs structurels complexes. Selon l'Insee, en 2022, les prix alimentaires en Martinique étaient 40% plus élevés qu'en métropole.
Lors d'une conférence de presse, Benoît Coeuré, président de l'Autorité de la concurrence, a déclaré : "C'est un constat d'échec collectif en matière de vie chère en Martinique". Autrefois en proie à des manifestations, parfois violentes, en 2024, la situation actuelle appelle à des mesures plus adaptées pour maîtriser les coûts. Malgré cela, l'institution conclut que les marges des grossistes et des distributeurs sont comparables à celles de l'Hexagone, ce qui réfute l’idée d’une exploitation abusive.
Des solutions insuffisantes face à un contexte particulier
L'Autorité a été sollicitée par le gouvernement en janvier 2025 pour analyser les marges des acteurs de la chaîne d'approvisionnement en Martinique. Les résultats montrent que, bien que certaines initiatives, comme le "bouclier qualité-prix", aient permis de limiter les hausses de certains produits, d'autres prix ont, paradoxalement, augmenté. Les experts soulignent que les coûts d'acheminement des marchandises sont parmi les plus élevés de la région, représentant aujourd'hui plus de 33% du coût d'achat total.
"Les particularités de l'économie martiniquaise contribuent fortement à l'élévation des prix", fait remarquer Benoît Coeuré, ajoutant que les frais d'importation et de distribution sont conséquents.
Les responsables politiques et économiques de l'île insistent sur l'importance d'intégrer davantage de partenaires locaux pour une gestion plus efficiente des coûts. En réaction à l'avis, la grande distribution martiniquaise, notamment le groupe GBH, a exprimé sa satisfaction, affirmant que cet avis souligne les défis réels auxquels le territoire est confronté.
L'Autorité propose la création d'un système permanent de régulation des prix, associé à des sanctions pour les manquements. De plus, elle prône une dynamique d'intégration régionale, notamment par l'adhésion de la Martinique à la Caricom, qui pourrait favoriser une diversification des imports et une baisse des coûts logistiques.







