Sous pression constante, Jack Lang, ancien ministre de la Culture, a finalement choisi de démissionner de la présidence de l'Institut du monde arabe (IMA) ce samedi, suite à l'ouverture d'une enquête sur ses relations avec Jeffrey Epstein, un financier tristement célèbre.
Dans une lettre adressée au ministre des Affaires étrangères, il a proposé de remettre sa démission lors d'un conseil d'administration extraordinaire. Jean-Noël Barrot a rapidement pris acte de cette décision, indiquant qu'il enclenchait la procédure pour désigner un successeur à la tête de l'IMA.
À l'âge de 86 ans, Jack Lang quitte ainsi un poste qu'il occupait depuis quatre mandats, touché par des allégations de proximité avec Epstein, qui a déjà été condamné pour des infractions graves. Selon des sources proches du dossier, ce départ était inévitable au vu des pressions exercées tant à l'échelle politique qu'aux plus hautes instances de l'État.
La décision de Lang met fin à une semaine tumultueuse, marquée par la révélation de nombreux documents concernant potentiellement de précédents actes de l'homme d'affaires. Malgré cela, Lang avait refusé de démissionner jusqu'à récemment, affirmant au début de la semaine qu'il n'envisageait pas de quitter son poste.
Les implications de cette affaire sont considérées comme d'une extrême gravité par de nombreux acteurs du Gouvernement. Barrot a indiqué qu’il se réservait toutes les options quant à l'engagement de Lang, renforçant la pression sur lui.
Pour sa défense, Lang a continué de proclamer son innocence. Dans une déclaration, il a affirmé que "les accusations sont inexactes et que la vérité apparaitra". Cela fait suite à l'enquête préliminaire ouverte par le parquet national financier (PNF) sur des allégations de blanchiment de fraude fiscale aggravée, en réponse à des révélations du site Mediapart.
Mediapart a mis en lumière des liens financiers complexes entre Lang et Epstein, relançant les interrogations sur l'ancien ministre. D'après son avocat, Lang est à la fois "triste" de quitter une institution qu’il estime, mais également déterminé à défendre son intégrité.
Cette affaire a également des répercussions sur sa fille, Caroline Lang, qui a également démissionné de ses fonctions au sein d'un syndicat de producteurs de cinéma en raison de ses propres liens avec Epstein.
Jordan Bardella, président du Rassemblement national, a exprimé son indignation face à "la complaisance des autorités politiques" envers Lang, soulignant la nécessité d'une plus grande rigueur dans l'examen des relations professionnelles et personnelles des figures publiques.
Lang, qui a regretté avoir soutenu une pétition controversée sur les relations entre adultes et enfants en 1977, continue d’être la cible de critiques, renforçant l'idée que son départ de l'IMA marque non seulement la fin d'un mandat, mais également un tournant crucial dans la perception publique des personnalités politiques.







