Le vendredi 29 juin, un petit avion biplace s'est écrasé sur le célèbre gratte-ciel Zhongguo Zun, à Pékin. L'accident, qui a coûté la vie au pilote et blessé 13 personnes, soulève de nombreuses incertitudes, relayées par les médias internationaux.
Quelques jours après le crash, “les autorités n'ont pas encore fourni d'explications”, déplorent les journalistes de la BBC. Le biplan, de modèle Aurora SA 60L, avait décollé de Pinggu, un quartier situé à une cinquantaine de kilomètres de la capitale. Après un survol du secteur, il a été dirigé vers le centre-ville et, tragiquement, s'est écrasé à 17h55.
Ce gratte-ciel, appelé aussi “tour CITIC”, est le plus haut de Pékin et se trouve à moins de 7 kilomètres de Zhongnanhai, le quartier général du gouvernement chinois. L'appareil, mesurant 340 kilos et immatriculé B-12PP, a impacté un bâtiment en plein cœur d'une ville réputée pour son contrôle strict de l'espace aérien.
Les vidéos et images de cet événement tragique ont rapidement fait le tour des réseaux sociaux. Il a fallu cependant attendre le lendemain pour que les autorités de Chaoyang confirment l'incident: “Un avion de sport léger s'est écrasé sur un immeuble. Le pilote est mort et 13 personnes ont été blessées.” Étonnamment, la couverture médiatique en Chine a été extrêmement discrète sur le sujet.
Des questions troublantes
Bien que le bilan des victimes soit relativement limité, le fait que cet incident se soit produit dans une zone où l'espace aérien est très contrôlé interpelle. “L'espace aérien au-dessus de Pékin est bombardé de restrictions, comme l'affirment les manuels de contrôle aérien chinois,” note un article de la BBC. En effet, comme l'indique The New York Times, des mesures de sécurité interdisent même les drones et autres appareils non autorisés lors des événements sensibles.
L'origine du vol soulève également des interrogations. Pourquoi un avion d'entraînement, basé à plusieurs dizaines de kilomètres du gratte-ciel emblématique, a-t-il dérivé vers le cœur de la ville ?
Le 1er juillet, le quotidien de Singapour, Lianhe Zaobao, a révélé que l'avion de tourisme avait frôlé un appareil de ligne de Hainan Airlines, les deux aéronefs étant à une distance alarmante de moins de 500 mètres. Ce dernier a dû changer de trajectoire pour éviter une collision.
Suite à cette découverte, les autorités ont publié un communiqué sur WeChat, révélant des détails sur le pilote. Agé de 66 ans et pilote depuis peu, cet homme vivait seul et était connu pour sa souffrance psychologique. Son journal intime contenait des mentions troublantes de détresse, notamment le souhait de “mettre fin à ses jours”.







