C’est un sujet qui, à première vue, semble séduisant. Généraliser les repas à un euro pour tous les étudiants est présenté comme une avancée positive, notamment au vu des données alarmantes sur la précarité étudiante. En effet, selon une étude de la FAGE, un quart des étudiants vivent avec moins de 100 euros par mois après avoir réglé leur loyer, et près d’un tiers souffrent d'insécurité alimentaire chronique.
Toutefois, cette mesure, introduite le 1er mai, pourrait avoir des conséquences inattendues. Un rapport parlementaire présenté récemment par Charles Sitzenstuhl, député de la majorité, avertit que l'élargissement de cette initiative remet en question la priorité accordée aux étudiants en situation de précarité. Les repas à un euro étaient, jusqu’ici, réservés aux étudiants boursiers, tandis que les autres payaient 3,30 euros. En élargissant cette aide, on risque d’augmenter la fréquentation des restaurants universitaires sans véritable impact sur la situation des plus vulnérables. Ce phénomène avait déjà été constaté durant la crise du Covid, lorsque la mesure avait provoqué une saturation des services.
Les coûts associés à ce programme s’élèvent à environ 20 millions d’euros, une somme que le rapport estime insuffisante. Pour avoir un impact réel, des investissements conséquents devraient être réalisés pour améliorer les infrastructures des restaurants universitaires et soutenir une réforme du système de bourses. En effet, l’association Linkee a soulevé des préoccupations similaires, indiquant que cette approche universelle pourrait diluer l’efficacité de l’aide apportée aux étudiants réellement dans le besoin. Pour elles, des propositions comme la gratuité des transports, souvent perçues comme des solutions idéales, peuvent également engendrer des coûts élevés pour les collectivités avec un retour sur investissement discutable.







