À Carcassonne, le syndicat Sud Solidaires, ciblé par les récentes décisions du maire, qui souhaite retirer les locaux municipaux aux organisations ayant manifesté contre l'extrême droite, se prépare à riposter, tant sur le plan juridique que syndical.
Lors d'une séance du conseil municipal le 30 avril, le maire Rassemblement National, Christophe Barthès, a annoncé qu'il ne mettrait plus à disposition les locaux aux syndicats ayant participé à la marche contre l'extrême droite, organisée le 29 avril par le collectif Nous Carcassonne, dont font partie la CFDT, Sud Solidaires, la CGT et la FSU. Cette décision a été qualifiée par le syndicat Sud Solidaires de “mesure de rétorsion politique” lors de son discours du 1er mai.
Ce mardi 5 mai, Sud Solidaires a tenu une conférence de presse pour clarifier sa position alors que la mairie devait bientôt leur transmettre une lettre officialisant cette décision. Le syndicat dispose de ses locaux au 14, boulevard Jean-Jaurès depuis plus de quinze ans. Ce bâtiment est également occupé par l’Unsa et la CFE-CGC, qui, jusqu'à présent, ne sont pas concernées par cette décision municipale.
“Nous n'occupons pas des centaines de mètres carrés, et nous payons l’ensemble des charges. Nous gérons également l’entretien par nous-mêmes, ce qui peut être prouvé facilement”, expliquent Jean-Michel Monnet, représentant de Sud Éducation, et Franck Hasslauer, de Sud PTT. Les locaux jouent un rôle essentiel pour le syndicat, leur permettant d'accueillir des salariés à la recherche de conseils et d'organiser des réunions. “En s’attaquant aux syndicats, c'est à l'ensemble des travailleurs que l'on s'en prend”, ajoutent-ils. Sud Solidaires a également collaboré avec l'association Le Hérisson, qui lutte contre le surendettement, ayant aidé des centaines de personnes depuis 2016.
Vers un bras de fer juridique et syndical ?
Devant l’attente de la lettre municipale, Sud Solidaires a décidé de ne pas rester inactif. Le bureau national de l’union syndicale a été informé et une analyse de la situation est en cours, car selon eux, “cela touche à nos droits”.
Les membres du syndicat envisagent également une mobilisation plus large. Ils affirment avoir reçu le soutien de syndicats Sud Solidaires en dehors du département, qui se sont engagés à agir dès qu'une initiative sera lancée. Les unions locales CFDT, CGT, FSU et FO de Narbonne ont également exprimé leur solidarité, signant une motion soutenue par près de 800 personnes présentes lors du 1er mai, réclamant la réintégration des syndicats dans leurs locaux.
Actuellement, Sud Solidaires attend de rencontrer les autres syndicats touchés par la décision du maire, certains devant se réunir dans les jours suivants pour planifier la suite des actions. “Une chose est certaine, nous ne laisserons pas notre drapeau dans notre poche. Nous defendrons nos valeurs avec conviction”, concluent Franck Hasslauer et Jean-Michel Monnet.







