À peine installé dans son nouveau poste, David Guiraud, le maire insoumis de Roubaix, se retrouve au cœur d'une vive polémique. La hausse de 18 % des indemnités allouées aux élus, notamment pour ses adjoints, contraste avec la réduction drastique des indemnités de l'opposition, qui voient leur salaire amputé de moitié.
Le premier conseil municipal de la nouvelle mandature, tenu le 8 avril dernier, a été marqué par des échanges animés. L'opposition a vivement critiqué cette augmentation jugée « excessive » des indemnités du maire et de ses adjoints, comme le rapporte la Voix du Nord. Le montant global des indemnités allouées s'élève désormais à 55 929 euros par mois, représentant une augmentation significative par rapport à l'ancienne équipe.
Ainsi, David Guiraud recevra 4 876 euros net par mois, soit 10,8 % de plus que son prédécesseur, Alexandre Garcin (Horizons). Les adjoints à la métropole de Lille voient leurs rémunérations bondir de 58 %, atteignant 2 034 euros, tandis que les adjoints sans délégation verront leur salaire grimper à 2 281 euros, une augmentation de 55 %. De son côté, l'adjoint à la propreté, Arsène Igoussimène, profitera du plafond légal de 2 713 euros.
Une opposition en émoi
L'opposition a dénoncé un traitement inéquitable, alors même que les indemnités des conseillers municipaux sans délégation sont passées à seulement 123 euros, et celles des conseillers délégués ont chuté de 31 % à 452 euros mensuels.
Alexandre Garcin, l'ancien maire, a exprimé son indignation face à cette situation, dénonçant un « coup dur » porté à l'opposition. Isabelle Deheunynck, conseillère municipale d'opposition (Agir au cœur de Roubaix), a quant à elle évoqué un « rabotage » des moyens destinés à l'opposition, tandis que Maël Camerlynck (DLF) a parlé de « mesquinerie ».
Justifications du nouveau maire
David Guiraud a balayé les accusations en justifiant cette réorganisation des indemnités par la volonté d'assurer un juste salaire pour des mandats de plus en plus professionnalisés. Selon lui, les adjoints devront « travailler beaucoup » et être présents au moins à mi-temps dans des postes cruciaux tels que celui de la propreté.
Le maire a également souligné que son salaire reste dans le « plafond bas » pour une commune de près de 100 000 habitants et qu'il ne cumule aucun autre mandat. Concernant la baisse des indemnités des conseillers, il a insisté sur le fait que cela touchait également certains membres de sa propre majorité.
D'autres maires récemment élus, comme Thomas Cazenave à Bordeaux ou Côme Dunis à Montargis, ont également vu leurs indemnités augmentées, reflétant un mouvement plus large au sein des municipalités françaises.







