Le procès de Patrick Balkany à Nanterre a pris une tournure inattendue ce jeudi, provoquant une suspension temporaire des débats. L'ancien maire de Levallois-Perret, toujours sous le coup d'une réquisition de 18 mois de prison ferme pour détournement de fonds publics, a laissé échapper sa colère, incitant la présidente Céline Ballerini à faire une pause de plusieurs heures.
Ce procès distinct concerne des accusations selon lesquelles Balkany aurait utilisé des policiers municipaux pour des obligations personnelles entre 2010 et 2015, telles que ses trajets vers l'Assemblée nationale ou les aéroports.
Un incident troublant en pleine audience
L'avocat de la défense, Robin Binsard, a plaidé pour l'annulation de la procédure, dénonçant des "dysfonctionnements majeurs" au cours d'une enquête qui dure depuis quatorze ans. En réponse, le procureur a rappelé que "le temps ne fait rien à l'affaire, comme le dit la chanson".
La tension a atteint son paroxysme lorsque Balkany, visiblement frustré, a déclaré : "Le maire en fonction est responsable de tout, le juge n'est responsable de rien". Ce dérapage a conduit la présidente à trancher : "On frôle l'outrage, il vaut mieux qu'on s'arrête".
Avant cette suspension, l'ex-maire avait tenté de justifier ses agissements par des raisons de sécurité, évoquant des événements passés comme des lettres antisémites et des attaques dont il avait été victime en 1983. Il a affirmé avoir recruté des agents "volontaires" et "sportifs" pour réaliser des "économies à la commune", soutenant que le ministre de l'Intérieur de l'époque, Brice Hortefeux, n’avait pas trouvé à redire à ce système.
Cet incident souligne les défis qui entourent cette affaire complexe, qui continue de susciter de vives réactions tant sur le plan judiciaire que médiatique.







