Lors de son interrogatoire à la cour d'appel de Paris, Nicolas Sarkozy a dénoncé ce qu'il considère comme "une erreur" de Claude Guéant et Brice Hortefeux, affirmant qu'ils avaient rencontré un dignitaire libyen sans son accord, mettant ainsi en danger son image.
La justice enquête sur des rencontres secrètes avec Abdallah Senoussi, numéro deux du régime de Kadhafi, qui pourraient avoir été une tentative d'établir un "pacte de corruption". Ce dernier serait lié à un financement illégal de sa campagne présidentielle de 2007, envisagé en échange de promesses économiques et diplomatiques alors que la Libye revenait sur la scène internationale.
L'ex-président, qui comparaît aux côtés de neuf co-prévenus, a adopté une attitude plus sobre qu'en première instance, mais a fermement répété : "Il n'y a pas eu de pacte". Il reste convaincu de son innocence, affirmant qu'il ne durera pas moins que pour la vérité.
Les rencontres avec Senoussi, condamné à perpétuité pour sa participation à un attentat mortel en 1989, ont été au cœur de sa condamnation, rapportée par Le Monde qui souligne qu'il a écopé d'une peine de cinq ans de prison ferme et a déjà purgé partie de sa sanction.
En réponse aux émotions manifestées par les proches des victimes de l'attentat, Sarkozy a exprimé une certaine empathie, reconnaissant leur douleur tout en réaffirmant son innocence : "on ne répare pas une souffrance par une injustice".
"Je n'ai jamais reçu un centime libyen pour ma campagne", a martelé l'ancien chef d'État, qui a joué un rôle dans la chute du régime Kadhafi en 2011 et réaffirme n'avoir jamais rencontré Senoussi. En revanche, il a mis en cause Guéant, son ancien directeur de cabinet, qui aurait mal géré les relations libyennes.
Claude Guéant, absent pour des raisons de santé, a précédemment affirmé qu’il avait été trompé par Ziad Takieddine, un intermédiaire controversé. Sarkozy a également déploré cette situation : "Je ne comprends pas pourquoi il a accepté ce dîner avec Senoussi", faisant référence à la maladresse durant les préparatifs de son déplacement en Libye.
Brice Hortefeux, quant à lui, a été critiqué pour une rencontre avec Senoussi quelques mois plus tard. Il a toujours nié tout lien avec un financement illicite, assurant être lui aussi tombé dans un piège. Sarkozy a exprimé sa sympathie pour l'ancien ministre, soulignant qu'il était convaincu de la bonne foi de son ami.







