Le gouvernement dévoile une série de mesures visant à soutenir le secteur agricole. Après des mobilisations significatives cet hiver, Sébastien Lecornu présente ce mercredi le projet de loi "d'urgence agricole". Ce texte, selon le ministère de l'Agriculture, renferme 23 articles qui abordent notamment le stockage de l'eau, la gestion de la prédation par les loups, et les moyens de production. L'objectif est de fournir des "solutions concrètes" aux agriculteurs, qui devraient se faire sentir rapidement sur le terrain.
"Pour répondre efficacement aux besoins du monde agricole, il est essentiel d'apporter des solutions pratiques au lieu de se perdre dans de vaines discussions théoriques", souligne le ministère.
Le texte est prévu pour être examiné fin avril ou début mai en commission à l'Assemblée nationale, suivi d'un vote en séance publique à la fin de mai. Le Sénat prendra également connaissance de la loi le mois suivant. Le gouvernement espère un vote définitif d'ici juillet pour conclure la session parlementaire actuelle.
Vers un déblocage des projets agricoles
Cette loi, attendue de longue date par les syndicats agricoles, vise à "faciliter la vie quotidienne des agriculteurs" en débloquant des projets qui se trouvent souvent en attente. Plusieurs dispositions visent particulièrement à simplifier les projets de stockage d'eau, notamment par la possibilité de dérogations sur les schémas d'aménagement en cas d'accord local.
"Avec ces mesures, nous estimons que près de 90 projets pourraient être mis en œuvre immédiatement", affirme le ministère.
Le texte prévoit également une simplification des régimes juridiques pour les élevages, actuellement soumis à des normes équivalentes à celles des industries, ce qui complexifie considérablement les démarches pour les exploitations familiales, souvent peu outillées pour gérer des dossiers volumineux.
En outre, les agriculteurs pourront demander réparation en cas de recours abusif contre leurs projets, tandis que des sanctions plus sévères seront appliquées en cas de vol sur une exploitation. Les cantines scolaires seront également tenues de s'approvisionner exclusivement dans l'Union européenne.
Un secteur en difficulté
Historique premier producteur agricole en Europe, la France voit son secteur en difficulté, avec un excédent agroalimentaire tombé à 200 millions d'euros en 2025, son plus bas depuis 25 ans. L'effondrement du solde des produits transformés et un déficit des produits bruts soulignent une crise systémique dans l'agriculture française.
Les exportations agricoles, bien que légèrement rehaussées, restent insuffisantes face à l'augmentation des importations, surtout pour des produits tels que le café et le cacao. Des experts soulignent que la perte de compétitivité et le déséquilibre croissant avec le reste de l'Europe sont alarmants.
Cette situation pose un défi majeur au gouvernement, qui doit naviguer entre les enjeux économiques, sociaux et politiques d'un secteur stratégique pour le pays. Les agriculteurs et les industriels se tournent vers l'exécutif pour des réponses efficaces et rapides.







