Le projet de Système de Combat Aérien Futur (SCAF), fruit de la coopération franco-allemande, est aujourd'hui en péril. L'Allemagne envisage de se joindre à un nouveau programme aéronautique en collaboration avec le Royaume-Uni, le Japon et l'Italie, intensifiant ainsi les divergences entre Paris et Berlin.
Initialement lancé en 2017 par les dirigeants Angela Merkel et Emmanuel Macron, le SCAF avait pour ambitieux objectif de remplacer le Rafale par un avion de chasse innovant. Cependant, la complexité des négociations s'est récemment intensifiée. Le principal point de désaccord réside dans la réticence allemande à confier à la France la maîtrise d’œuvre intégrale, ce qui crée des tensions récurrentes, notamment du côté de Dassault Aviation, le seul acteur français à posséder l’expertise nécessaire.
Il y a peu, la France a reçu l'information alarmante que l'Allemagne pourrait se retirer du SCAF pour se joindre à un projet concurrent. Boris Pistorius, le ministre allemand de la Défense, a récemment exprimé que l'absence de réalisation du SCAF ne constituerait pas une catastrophe pour l'Allemagne, signalant ainsi un possible divorce entre les deux nations collaboratrices.
Ce déclin du SCAF ne représente qu'un symptôme d'un changement plus vaste. L'Allemagne s'engage résolument dans un processus de remilitarisation, souhaitant retrouver une autonomie industrielle dans un secteur qu’elle avait largement sous-traité après la Seconde Guerre mondiale. Ces ambitions suggèrent que Berlin pourrait ne plus considérer la France comme un partenaire indispensable en matière de défense, un développement qui pourrait profondément transformer l'architecture européenne.
Un retournement de situation dû à deux éléments
De nombreux analystes estiment que la remilitarisation allemande s’appuie sur des avantages financiers notables, contrairement à la France. Tandis que le budget de défense français devrait atteindre 67 milliards d'euros d'ici 2030, l'Allemagne prévoit des dépenses de 170 milliards d'euros, trois fois plus, ce qui lui confère une flexibilité budgétaire que Paris peine à retrouver.
Comme le souligne le site Les Échos, cette situation pourrait réorienter la coopération en matière de défense en Europe, alors que la France doit se réorganiser pour faire face à cette nouvelle réalité. En d’autres termes, les jours de la coopération franco-allemande telle que nous la connaissions pourraient être comptés.







