Le National Health Service (NHS) du Royaume-Uni soutient que les mariages entre cousins devraient être perçus de manière plus positive, affirmant que le risque de naissances d’enfants atteints de maladies génétiques n'est que "légèrement accru". Cette position, encouragée par l'organisme de santé, vise à éviter la stigmatisation de pratiques courantes dans certaines cultures.
La directive du NHS recommande aux professionnels de la santé de ne pas décourager les unions entre cousins germains. Une étude financée par le gouvernement a révélé que le risque d'enfants malades chez ces couples est minime, avec environ 85 à 90 % des enfants nés de cousins ne présentant pas de maladies génétiques. Ce contraste est notable par rapport au taux national de 98 % pour les naissances sans problèmes congénitaux, comme l'indique le quotidien Times.
Cependant, les statistiques soulèvent des interrogations : l'an dernier, il a été rapporté que plus de deux décès d'enfants par semaine en Angleterre étaient associés à des mariages entre parents proches. Les experts estiment que les enfants de cousins germains sont jusqu'à trois fois plus exposés aux troubles génétiques.
La stratégie du NHS s'inscrit dans une démarche "non stigmatisante", précisant que les professionnels de santé devraient éviter de blesser les sentiments des communautés sud-asiatiques et musulmanes, où ces pratiques sont considérées comme "normales". À Glasgow et Birmingham, jusqu'à 20 % des enfants traités pour des problèmes de santé congénitaux ont des origines pakistanaises, alors que ce chiffre tombe à 4 % dans la population générale.
Face à une augmentation des mariages entre cousins dans certaines communautés, le gouvernement prévoit de renforcer les dispositifs d'accompagnement pour les couples à risque génétique accru. Cela vise à améliorer le dépistage et le soutien, tout en maintenant une approche respectueuse des cultures. Des documents récents évoquent même une évaluation des avantages économiques et sociaux potentiels de ces unions.
Cependant, ce point de vue est contesté. Michael Muthukrishna, professeur à la London School of Economics, souligne que les mariages entre membres de la famille, en limitant l'intégration sociale, renforcent l'isolement communautaire, comme rapporté par Times.
Les critiques politiques s'élèvent également. Richard Holden, député conservateur, dénonce ce qu'il considère comme une dérive du NHS, déclarant que cette approche "transforme une politique de santé publique en un amalgame préjudiciable", tout en soulignant que les unions entre cousins augmentent les risques génétiques.
Alors que le mariage entre cousins est toujours légal en Angleterre, l'opinion publique est divisée. Un sondage YouGov récent a révélé que 75 % des Britanniques sont en faveur d'une interdiction, tandis que seulement 9 % souhaitent maintenir l'état actuel de la loi.







