L'industrie automobile en France connaît une crise sans précédent, ayant enregistré une perte d'un tiers de ses effectifs entre 2010 et 2023. Cette situation alarmante est attribuable à plusieurs facteurs, notamment les délocalisations, la hausse des coûts de production, et la concurrence croissante des fabricants chinois.
Selon l'INSEE, cette baisse a touché non seulement les grands constructeurs, mais également leurs nombreux sous-traitants. En l'espace de moins de 15 ans, 138.700 emplois ont été supprimés, l'équivalent de la population de la ville de Tours. Ainsi, le secteur automobile a vu ses effectifs chuter de 33%, tandis que d'autres industries en France sont restées relativement stables.
Un des principaux moteurs de cette crise est la délocalisation. De nombreux constructeurs français ont choisi de déplacer leur production vers l'Europe de l'Est, le Maroc ou la Turquie. Sur les dix modèles de voitures les plus vendus en France, bien que neuf soient de marques françaises, seules trois sont fabriquées sur le territoire national. Il est à noter qu'une des plus populaires, la Toyota Yaris, provient également de l'Hexagone. Fait révélateur, les Français achètent actuellement plus de voitures fabriquées en Espagne qu'en France.
Les consommateurs conservent leur vieux modèle
Un autre facteur explicatif est le coût élevé de la main-d'œuvre en France. À cela s'ajoutent les prix des automobiles neuves, qui ont augmenté de 33% en dix ans, atteignant en moyenne 35.000 euros. Cette flambée des prix incite les consommateurs à conserver leurs véhicules anciens plutôt qu'à acquérir des modèles récents. Selon une étude menée par le cabinet Xerfi, cette tendance devrait se poursuivre, accentuant encore la pression sur le marché automobile français.
Face à ces défis, de nombreux experts appellent à une réflexion profonde sur l'avenir du secteur. Par exemple, Marie-Claire Tabbagh, économiste spécialisée dans l'industrie automobile, souligne que « sans un soutien clair de l'État pour encourager le Made in France, la délocalisation ne va faire qu'amplifier». Ainsi, l'avenir de l'industrie automobile française semble incertain, et des mesures urgentes pourraient être nécessaires pour inverser cette tendance inquiétante.







