Depuis peu, Bordeaux voit émerger des options de transport dédiées aux femmes, comme les trajets 100 % féminins lancés par des plateformes telles qu'Uber et Bolt. Si l'idée est largement louée, elle soulève pourtant des questions sur sa réelle mise en œuvre face aux défis du secteur.
"Plus je ramènerai de femmes, mieux ce sera", affirme Christelle, conductrice de VTC à Bordeaux. Pour elle, cette initiative est cruciale, surtout pour celles qui ont été victimes d'abus. L'option "Uber by Women", récemment introduite à Bordeaux, permet aux clientes de choisir des conductrices. Ce concept, testé à Paris, a suscité un[]fort intérêt, en réponse aux problèmes de violences sexistes dans le milieu du transport, comme l'a rapporté Sud Ouest.
Laurie Larue, gestionnaire d'une entreprise de VTC 100 % féminin, souligne qu'il existe une demande pour ce type de service. "On a entendu de nombreux témoignages de clientes", confie-t-elle. Malgré cette demande, la réalité du métier rend difficile la mise en place de ces trajets : "Nous ne sommes pas nombreuses. À Bordeaux, il n’y aurait qu’une centaine de femmes, représentant moins de 5 % du total des VTC".
Un défi opérationnel
Les services proposés, bien que prometteurs, souffrent d’un manque de conductrices. Si Uber prévient que les temps d’attente peuvent être longs, cela souligne encore la nécessité d’augmenter le nombre de femmes actives dans le secteur. Des plateformes comme Bolt constatent également que les demandes pour des conductrices féminines sont en hausse, mais la question de la rentabilité reste en suspens. Comme le souligne Sandrine, "Quand une course n'est pas rentable, il devient difficile de pérenniser cette option".
Réinvestissement dans la sécurité des femmes
La sécurité, cependant, reste une priorité. Les plateformes s’engagent à offrir des formations en autodéfense à leurs conductrices. Guillaume Burland de Bolt explique : "Nous souhaitons développer des ressources pour améliorer la sécurité sans augmenter les prix pour les clients". Malgré ces initiatives, beaucoup restent sceptiques : "Uber ne mérite pas qu’on leur fasse de la pub", condamne Sandrine, qui complète ses revenus par d'autres emplois. Certaines clientes, plus averties, se tournent vers des services indépendants de femmes pour des trajets sûrs et prévisibles.
"Les plateformes ne détiennent pas le monopole des trajets 100 % féminins".
Ce débat soulève la question de la place des femmes dans le secteur du transport. La route vers une mobilité plus sécurisée et équitable semble encore semée d'embûches, mais les prémices de changement sont là.







