Un projet de loi récemment adopté par le gouvernement italien a provoqué un tollé parmi les ONG de secours, qui dénoncent une violation du droit international. En effet, ce texte légalise un "blocus naval" destiné à interdire l'entrée des migrants par voie maritime, avertissant que cela pourrait entraîner davantage de pertes humaines en Méditerranée.
Le mercredi 11 octobre, le gouvernement de Giorgia Meloni a mis en place des mesures draconiennes pour contrôler l'immigration. Ces restrictions se justifient par la nécessité de réagir face à des situations qualifiées de "menace grave pour l'ordre public ou la sécurité nationale". Cependant, des ONG telles que SOS Humanity, Sea-Watch, et Médecins sans frontières (MSF) affirment que ce projet vise principalement à bloquer les navires humanitaires, augmentant ainsi les risques pour les vies des migrants.
Avant son accession au pouvoir en 2022, Meloni avait déjà plaidé en faveur d'un "blocus naval" pour stopper l'afflux de migrants venant d'Afrique du Nord. Bien que le projet ne précise pas les mesures concrètes qui seront mises en œuvre pour interdire l'accès aux bateaux, les ONG ont exprimé leurs inquiétudes : "Cette stratégie de défense des frontières est vague et laissera un large pouvoir d'interprétation aux autorités", soulignent-elles.
Les causes de l'interdiction sont elles-mêmes sujettes à controverse ; un "risque concret" d'actes terroristes ou une crise sanitaire mondiale peuvent justifier sa mise en œuvre. Un point souligné par Silvia Albano, juge spécialisée dans les questions d'immigration à Rome, qui met en garde contre la généralisation des "pressions migratoires exceptionnelles" : "Ce phénomène est une réalité constante, et son utilisation pour justifier un blocus naval pourrait être problématique", a-t-elle affirmé dans une interview à La Stampa.
L'opinion de Mme Albano est éclairante : "Le refoulement en mer est expressément interdit par la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne et par les conventions internationales. Une menace justifiant un tel blocus doit rester réellement exceptionnelle".
Le gouvernement Meloni, issu du parti Fratelli d'Italia, a signé des accords avec des pays comme la Tunisie et la Libye afin de découpler les migrants de leur chemin vers l'Europe. Meloni a vanté son projet comme un gage de sérieux à l'égard des électeurs, affirmant : "Pour ceux qui pensaient que c'était impossible, je rappelle que rien n'est impossible pour qui a la volonté d'agir".
Ce développement législatif survient dans un contexte où le Parlement européen a également renforcé sa politique migratoire, permettant aux pays membres de transférer les demandeurs d'asile dans des pays tiers pendant le traitement de leur dossier—une démarche déjà adoptée par l'Italie en direction de centres en Albanie.







