Mercredi 11 février, Ankara a été le témoin d'une scène étonnante au sein du Parlement turc. Alors que le nouveau ministre de la Justice récitait son serment, plusieurs députés des partis au pouvoir AKP et d’opposition CHP ont échangé des coups, illustrant les tensions profondes autour de sa nomination, rapportent nos confrères de Le Figaro.
L'émeute a éclaté alors qu'Akin Gurlek, récemment nommé, s'apprêtait à prendre ses fonctions sous les clameurs de ses partisans et les sifflements de ses opposants. Malgré ce climat houleux, il a juré de "rester fidèle à la Constitution", une déclaration qui a suscité des réactions mitigées au sein des parlementaires.
Avant sa nomination, Gurlek avait été procureur général d’Istanbul et avait déjà pris des mesures controversées, notamment l’émission d’un mandat d'arrêt contre le maire d’Istanbul, Ekrem İmamoglu, un membre influent du CHP et rival potentiel de Recep Tayyip Erdogan pour les élections présidentielles de 2028. Les accusations portées contre İmamoglu, allant de la "corruption" à "l’espionnage politique", avaient alors enflammé les rues, entraînant les manifestations les plus significatives observées depuis une décennie.
Akin Gurlek, dont le nom est désormais au cœur des débats, avait également ordonné l'interpellation de plusieurs autres maires issus de l'opposition, exacerbant ainsi la pression sur les membres du CHP. Pour de nombreux observateurs, cet événement castrateur est le reflet d'une démocratie en crise en Turquie, où les tensions politiques semblent atteindre un nouveau sommet. D'après les commentaires d’experts, la nomination de Gurlek pourrait marquer un tournant décisif pour l’avenir politique du pays.







