Les principaux candidats à la présidence du Bangladesh mobilisent leurs partisans pour les élections législatives prévues ce jeudi, visant à mettre fin au mandat du régime controversé de Sheikh Hasina, évincée depuis 2024 par une révolte de la Génération Z.
Le parti de Mme Hasina étant désormais interdit, ses principaux rivaux, le Parti nationaliste du Bangladesh (BNP) et la coalition des islamistes dirigée par le Jamaat-e-Islami, sont en concurrence pour la victoire.
Tarique Rahman, 60 ans et fils d'une figure emblématique de la politique bangladaise, est le candidat favori. Après avoir voté à Dacca, il a exprimé sa conviction : "Si la population se mobilise, les conspirations échoueront". Il attend un "mandat clair" pour reconstruire une nation selon lui ravagée par l'ancien gouvernement.
Son rival, Shafiqur Rahman, 67 ans, chef du Jamaat, aspire à devenir le premier chef islamiste du gouvernement dans un pays majoritairement musulman. Dans une déclaration à la presse, il a promis de garantir la transparence des élections, insistant sur la nécessité de préserver les droits démocratiques des citoyens.
Nahid Islam, leader du Parti national des citoyens (NCP) et figure de la contestation, a également mis en garde contre les fraudes potentielles, affirmant que "les élections doivent être libres et équitables".
Le président de la commission électorale, AMM Nasiruddin, a signalé quelques incidents mineurs depuis l'ouverture des bureaux de vote, tout en évoquant les défis posés par la désinformation sur les réseaux sociaux, aggravée par les nouvelles technologies.
La campagne, marquée par des tensions et parfois de la violence, a connu une mobilisation inédite depuis l'accession au pouvoir de Sheikh Hasina en 2009, qui s'est souvent accompagné d'accusations de fraudes massives lors des scrutins ultérieurs.
Les jeunes, représentant 44% de l'électorat, aspirent à un renouveau dans un contexte économique désastreux. Shithi Goswami, une étudiante de 21 ans, a partagé son espoir : "C'est la première fois que je vote et après tout ce que nous avons connu, j'attends quelque chose de positif".
D'autres électeurs, comme Md Sajid Rabbi, également étudiant, se sont exprimés sur leur désir d'un Bangladesh en paix, exempt de corruption.
L'actuel président du gouvernement intérimaire, le prix Nobel de la paix Muhammad Yunus, 85 ans, a commenté avec soulagement l'événement : "C'est un jour de grande joie pour nous tous (...) un nouveau rêve se dessine". Il a appelé à voter sur des réformes institutionnelles cruciales destinées à prévenir le retour à un régime autoritaire.
Le scrutin se déroulera jusqu'à 16h30 locales, avec des résultats partiels attendus dès la nuit suivante. En parallèle, l'attitude des électeurs de Sheikh Hasina, actuellement en exil et condamnée à mort, représente une incertitude majeure pour les élections.
À la tête du gouvernement provisoire, Yunus a déployé des moyens considérables pour assurer le bon déroulement du vote, mobilisant plus de 300 000 soldats et agents des forces de sécurité.







