Deux ans après son adoption, le Pacte européen sur la Migration et l'Asile entre en application ce vendredi 12 juin 2026. Ce texte vise à maîtriser les flux migratoires, même si cela implique de collaborer avec des régimes jugés problématiques. Pour Tomas Tobé, rapporteur au Parlement européen sur la gestion de l'asile, "C'est un tournant majeur". Après des années de crises, ce pacte, accepté en décembre 2023, entre "enfin" en vigueur. "Nous pourrons désormais reprendre le contrôle des mouvements migratoires," affirme l'eurodéputé suédois du Parti populaire européen. Il souligne qu'"auparavant, aucune politique commune efficace n'existait pour traiter cette question".
Les positions divergent sur ce pacte : certains le considèrent comme un "pacte de submersion", tandis que d'autres le qualifient d'"inhumain et xénophobe". Toutefois, la plupart des groupes politiques s'accordent à dire qu'une approche globale est indispensable. "La question migratoire est complexe et nécessite une réglementation supranationale," insiste Juan Fernando López Aguilar, rapporteur sur les crises au Parlement européen.
Filtrage et enregistrement obligatoire des données numériques
Le pacte comprend dix textes législatifs. Les nouvelles règles, qualifiées par l'UE de "fermes mais justes", s'appuient sur des procédures "plus rapides et plus efficaces": filtrage obligatoire et contrôle systématique des migrants aux frontières, y compris ceux secourus en mer. L'enregistrement de leurs données biométriques dans le système Eurodac, un traitement accéléré de leurs demandes d'asile à la frontière (maximum 12 semaines, 16 semaines en cas de transfert) et une procédure de retour rapide, d’une durée de 12 semaines pour les déboutés, qui représentent environ 80% des cas.
Une autre avancée majeure est l'instauration d'un mécanisme de solidarité "obligatoire et prévisible" entre les États membres. Lopez Aguilar s'est engagé à établir une meilleure répartition des responsabilités pour soutenir les pays de première arrivée comme la Grèce, l'Italie et l'Espagne, sous forte pression migratoire. Ces États pourront appeler à l'aide d'autres membres de l'Union pour gérer les demandes d'asile. "Une flexibilité est prévue, les États pourront opté pour différentes formes de contribution, telles que des mesures de réadmission ou un soutien opérationnel dans des pays tiers," ajoute acquiesce-t-il, représentant des îles Canaries.







