La direction de Duralex a récemment informé les employés qu'un arrêt de production d'une durée minimale de deux semaines allait être mis en place. Cette décision a été motivée par le besoin de sécuriser la trésorerie de l'entreprise, de réduire les coûts et de maximiser le chiffre d'affaires durant cette délicate période de redressement judiciaire. Ainsi, aucune production ne sera effectuée pendant la seconde moitié du mois de juin, ce qui limitera la consommation de matières premières essentielles à leur opération.
Une source interne a confié à l'AFP : "Pendant cet arrêt, le four restera allumé, mais fonctionnera à vide en circuit fermé avec de la matière fondue réinjectée", révélant que la production était déjà réduite depuis plusieurs semaines.
Commandes en attente : 1,4 million d'euros à rattraper
Avec cette pause, le besoin en personnel pour surveiller le four a considérablement diminué, n'exigeant que deux personnes au lieu de dix-sept habituellement, selon les témoignages d'un salarié à La République du Centre. La direction mise sur cette interruption pour clore les 1,4 million d'euros de commandes en souffrance. Parallèlement, une note datée du 11 juin a encouragé les employés à prendre des congés à partir du début de la semaine.
"La question qui se pose maintenant est de voir si les banques vont suivre, ce qui est loin d'être assuré", commente une source proche du dossier.
Il est à noter qu'environ 60% des 243 salariés de l'usine de La Chapelle-Saint-Mesmin ont investi dans la coopérative. En 2022, Duralex a affiché un chiffre d'affaires de 30 millions d'euros, mais pour atteindre l'équilibre, il est essentiel de dépasser 35-36 millions d'euros, comme l'a souligné l'ancien directeur général, François Marciano.
Après une levée de fonds de 20 millions d'euros l'année dernière, Duralex s'est lancée dans de nouveaux projets, y compris un partenariat avec Martin-Pouret, qui proposera ses moutardes dans des pots Duralex à partir de 2027.
Interrogé sur une éventuelle aide de l'État, le ministre de l'Industrie, Sébastien Martin, a clairement indiqué qu'il était prématuré de parler de sauvetages sans clients ni plan d'affaires solide : "Si vous n'avez pas de clients, vous ne sauvez pas une entreprise".







