Le ministre délégué au Commerce extérieur, Nicolas Forissier, embarque lundi et mardi pour la Turquie avec une importante délégation d'entreprises françaises. La Turquie, nation stratégique, a récemment rétabli le "dialogue" avec la France, particulièrement sur des questions liées à la Syrie, a précisé son ministère vendredi.
Ce déplacement, axé sur les enjeux économiques et commerciaux, fait suite à la visite de Jean-Noël Barrot, chef de la diplomatie française, en janvier dernier. Cette démarche s’inscrit dans une volonté de relancer le dialogue bilatéral avec la Turquie après une période de tensions.
Forissier a indiqué que cette visite pourrait intensifier les relations économiques franco-turques qui avaient déjà atteint un record avec 23,8 milliards d'euros d'échanges en 2025, le secteur aéronautique et l'automobile étant des moteurs principaux.
Une puissance régionale incontournable
Les domaines de l'énergie et de la décarbonation pourraient offrir de nouvelles occasions de collaboration, surtout avec la tenue de la 31e conférence des Nations unies sur le changement climatique (COP31) à Antalya en novembre, bien que l'Australie présidera les négociations. Un expert en relations internationales souligne : "La Turquie, malgré ses défis économiques, demeure une puissance régionale cruciale pour la France, qui pourrait ancrer une nouvelle dynamique dès 2026".
Parmi les représentants d'entreprises qui se joindront à cette mission, figurent Airbus, L'Oréal, Sanofi, Alstom, Air Liquide et Veolia. Forissier coprésidera avec son homologue turc la commission économique mixte France-Turquie (JETCO), marquant ainsi une discussion de haut niveau sur les enjeux économiques après plus de trois ans d’absence. Il prévoit également de rencontrer plusieurs ministres turcs et un forum réunissant entreprises françaises et turques est programmé.
La visite de Nicolas Forissier se poursuivra mercredi en Albanie, un pays des Balkans qui aspire à rejoindre l'Union européenne et qui est en pleine mutation. "Je désire travailler au renforcement de nos intérêts économiques là-bas, en particulier dans les secteurs de l'énergie et du traitement des déchets," a-t-il déclaré.
Les exportations françaises vers l'Albanie ont atteint 89 millions d'euros en 2024, avec des investissements directs s'élevant à 584 millions d'euros. La volonté de Paris de renforcer les relations bilatérales a démarré après l'invasion de l'Ukraine par la Russie en 2022, comme l'indique Le Monde. Cette évolution traduit des ambitions élargies des deux nations dans un contexte international évolutif.







