« Si ces races disparaissent, on ne pourra pas les recréer » : le combat des associations pour sauver ce patrimoine en Centre-Val de Loire

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« Si ces races disparaissent, on ne pourra pas les recréer » : le combat des associations pour sauver ce patrimoine en Centre-Val de Loire
La race cou clair du Berry est reconnaissable – comme son nom l’indique – à son cou clair, blanc ou marron, mais aussi à sa jupe noire ornée de deux tâches rappelant la couleur du cou. © (Photo archives Jean-Sébastien Le Berre)

Oubliées et menacées, des races animales et des variétés végétales de la région sont au cœur du travail de l’Union pour les ressources génétiques du Centre-Val de Loire (URGC). Une richesse génétique indispensable pour l’avenir de l’agriculture.

Ces races et variétés sont en péril. L'évolution du secteur agricole a conduit à privilégier de nouvelles sélections, laissant sur le chemin des produits plus anciens et robustes. L’Union pour les ressources génétiques du Centre-Val de Loire (URGC), ancrée à La Châtre (Indre), s'emploie à leur préservation depuis plus de vingt-cinq ans. Fondée par des associations berrichonnes, elle a su s'élargir et fédérer des groupes de toute la région.

Lucie Bourreau-Gomez, responsable de mission à l’URGC, nous éclaircit sur ce sujet crucial.

Quelles races d’animaux sont particulièrement suivies dans nos départements ?

Dans l’Indre, nous mettons l'accent sur l’âne grand noir du Berry, la poule du Berry et la chèvre cou clair du Berry. Par ailleurs, l’oie blanche de Touraine est très menacée, tout comme la géline de Touraine. Concernant la pintade violette de Touraine, bien qu'elle soit moins vulnérable, elle reste la seule race locale ancienne en France. En Loir-et-Cher, les efforts se concentrent sur le mouton de Sologne et l’abeille noire de Sologne.

Et pour les végétaux ?

Nous avons recensé près de cinq cents variétés de fruitiers dans le Centre-Val de Loire. Parmi les plus emblématiques, la belle fille de l’Indre figure au premier plan. Près de deux cents variétés de légumes ont également été identifiées, dont une cinquantaine a été retrouvée, comme la courge sucrine du Berry ou le chou pancalier de Touraine, ce dernier se distinguant par son goût exceptionnel. Les variétés sont accessibles sur notre site.

Comment procédez-vous pour conserver les cépages anciens ?

Nous suivons un processus similaire à celui des légumes, s'efforçant de retrouver ces variétés disparues dans les conservatoires ou les collections. Si un cépage démontre son potentiel, nous assistons les viticulteurs dans sa replantation, en prenant en charge les démarches administratives. Le romorantin, le meslier saint-françois, le genouillet sont quelques-uns des cépages avec lesquels nous produisons même du vin, et cette initiative semble prometteuse face aux enjeux du changement climatique.

Nous avons plusieurs cépages anciens avec lesquels nous faisons même du vin

Lucie Bourreau-Gomez, chargée de mission de l’URGC.

Un intérêt croissant pour ces races et variétés est-il perceptible chez les agriculteurs ?

Les retours sont contrastés. Les 4 000 brebis solognotes réparties parmi une quarantaine d’éleveurs affichent un succès notable. Cependant, avec seulement quinze éleveurs de chèvres cou clair du Berry, il reste un immense travail à accomplir pour dynamiser ces races locales, même si celui-ci est en bonne voie. Concernant les volailles, la centralisation et le travail de généalogie viennent tout juste de débuter.

Pourquoi l'existence de l'association est-elle cruciale ?

La disparition de ces races et variétés serait irréversible. Leur préservation est primordiale pour aider les agriculteurs à diversifier leurs pratiques et à renforcer leur résilience face aux défis à venir, notamment le réchauffement climatique et les nouvelles réglementations sur les pesticides. Il serait dommage de perdre ces richesses génétiques précieuses qui pourraient s'avérer bénéfiques pour l'avenir.

Pauline Phouthonnesy

Légumes disparus : un appel à témoignages

Pour les races menacées, l'Union pour les ressources génétiques du Centre-Val de Loire (URGC) établit des standards, assure la généalogie des animaux et dialogue avec les éleveurs sur leur intérêt en exploitation. Concernant les légumes, l'association gère une collection de 40 variétés et organise chaque année la multiplication des semences par des agriculteurs ou jardiniers bénévoles. « L’objectif est, à terme, que toutes les variétés de légumes soient disponibles via des semenciers professionnels afin qu'elles soient accessibles à tous », explique Lucie Bourreau-Gomez.

Ce travail d’inventaire, réalisé depuis trois ans, a déjà permis de récupérer une quinzaine de variétés. Vous aussi, si vous avez des informations, pouvez participer. « Nous recherchons spécifiquement trois variétés chaque trimestre par le biais de nos réseaux sociaux et newsletter. Si quelqu’un a des pistes ou d’anciens catalogues mentionnant ces variétés, nous invitons à nous contacter. Chaque contribution compte. » Actuellement, l’échalote couille d’âne, la laitue de Boulleret, et le pois merveilleux de Tours sont au centre de nos recherches.

> tresorsvivantsducentre.com

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