Récemment, Donald Trump a fait les gros titres en évoquant un accord sur le Groenland. Pourtant, ses intentions, jugées provocantes par de nombreux Européens, soulèvent des questions sur un projet qui semble déconnecté de la réalité.
Pour attirer l'attention des Groenlandais, l'administration Trump envisagerait d'offrir une prime qui pourrait atteindre jusqu'à 100.000 dollars. Toutefois, l'économiste Sylvain Bersinger soutient que cette somme est trop modeste, puisque les Groenlandais n'ont pas de raisons économiques de choisir de rejoindre les États-Unis.
Actuellement, le Groenland bénéficie d'un soutien financier important du Danemark, recevant en 2023 près de 556 millions d'euros, représentant une part significative de son PIB. En plus de cela, une aide supplémentaire de 204 millions d'euros est attribuée pour les services publics essentiels.
Une économie marquée par la dépendance publique
Avec 40% des emplois liés au secteur public, la structure économique du Groenland est clairement fragile. Comparativement, le Danemark et la France présentent des taux d'emploi public bien plus faibles. Pour lutter contre cette dépendance, Trump, est selon Bersinger, davantage enclin à réduire les dépenses publiques, ce qui irait à l'encontre de l’économie groenlandaise.
BFM Business, rapporte que la promesse de réduire des aides sociales aux États-Unis contraste avec la générosité du système danois.
Les défis économiques du Groenland
Le niveau de vie au Groenland est renforcé par des subventions substantielles, mais sans elles, comme le souligne l'économiste cité, le risque d'effondrement économique serait réel. Un rapport de la Banque du Danemark met en évidence une croissance stagnante, avec un PIB prévu en baisse et une vulnérabilité croissante face aux défis financiers et démographiques.
Malgré une richesse potentielle en ressources, notamment en minerais rares, le manque d'infrastructures et un climat difficile freinent l'exploitation. Ainsi, les Groenlandais, tout en vivant des niveaux de PIB similaires à ceux des pays plus développés comme la France et le Danemark, sont confrontés à des disparités de revenus significatives, notamment entre les zones urbaines et rurales.
Une menace démographique
Les perspectives démographiques du Groenland posent des inquiétudes. Confronté à un vieillissement de la population et à une fuite des cerveaux, le territoire pourrait voir sa population diminuer de 20% d'ici 2050. Pour éviter cette crise, il devient essentiel de garantir la viabilité économique et d'attirer des travailleurs qualifiés.
Pour conclure, l'économie du Groenland est un parfait exemple des complexités qui entourent les propositions de Trump et celles de l'Administration. Au-delà des promesses, un constat s'impose : l'avenir économique du Groenland requiert une attention sérieuse et des solutions réalistes plutôt que des propositions naïves.







