Le Pentagone a révélé sa nouvelle stratégie de défense en mettant l’accent sur une approche plus mesurée envers ses alliés européens, tout en renforçant sa sécurité intérieure. Cette initiative, annoncée vendredi, vise à répondre à la montée des tensions avec la Chine et la Russie.
Conformément à cette « Stratégie de défense nationale 2026 », l’armée américaine prévoit de limiter son soutien à ses alliés en Europe pour se concentrer davantage sur les menaces domestiques. « Alors que les forces américaines se centrent sur la protection de notre territoire et de la région indo-pacifique, nos alliés devront assumer une plus grande responsabilité pour leur propre défense », stipule le rapport, alimentant ainsi les tensions avec l'OTAN, notamment suite à une récente crise concernant le Groenland.
Cette révision fait suite à des accusations selon lesquelles les États-Unis auraient dérouté leur attention des dangers extérieurs vers des enjeux internes. En effet, le Pentagone a affirmé que la priorité serait de « verrouiller nos frontières et de gérer les menaces », un changement notable par rapport à la doctrine antérieure définie sous la présidence de Joe Biden, qui reconnaissait la Chine comme un défi majeur, et voyait la Russie comme une menace substantielle. Dans cette nouvelle stratégie, les relations avec Pékin semblent adopter un ton plus conciliant, sans faire mention des tensions persistantes concernant Taïwan, un allié des États-Unis.
Le document souligne également que « des relations respectueuses » avec la Chine sont souhaitables, tandis que la menace russe est désormais qualifiée de « gérable », impactant donc la dynamique au sein de l'OTAN. Si l’espace géopolitique est redéfini, la question des dangers liés au changement climatique, identifiés comme une menace importante par le gouvernement précédent, semble avoir été mise de côté.
Les nouvelles directives illustrent un tournant stratégique pour Washington qui, tout en réaffirmant son influence en Amérique latine, cherche à restaurer une certaine forme de domination militaire. « Nous allons protéger notre nation et garantir l'accès à des zones cruciales de la région », conclut le document. Ce « Corollaire Trump à la doctrine Monroe » reflète une volonté de conserver les intérêts américains face à la montée des puissances rivales.
Des experts, comme le géopoliticien François Heisbourg, notent que ce repositionnement pourrait également avoir des ramifications sur les implications sécuritaires en Europe. « Une Europe moins soutenue par les États-Unis devra peut-être revoir sa propre stratégie de défense », avertit-il, soulignant les défis d’une telle réorientation dans un contexte international toujours plus complexe.







