Paris (France) – Dans le contexte des élections municipales, la sécurité se positionne en tête des préoccupations des électeurs. Les revendications des policiers municipaux pour être dotés d'armes à feu, autrefois controversées, semblent désormais faire consensus.
Les récents sondages montrent que la sécurité est la priorité pour de nombreux électeurs. Thierry Colomar, président de la Fédération nationale des policiers municipaux de France (FNPMF), souligne que "l'insécurité n'est pas simplement une impression". Il évoque une nette recrudescence du narcotrafic et une évolution de la délinquance particulièrement marquante dans les petites communes dépourvues de caméras de surveillance.
Face à cette escalade, recourir à l'armement des policiers municipaux ne suscite plus de débats enflammés, comme c'était le cas lors des dernières élections de 2020. En France, le nombre de policiers municipaux, qui a presque doublé depuis 2012, s'élève à plus de 28.000 agents répartis dans 4.500 communes, représentant ainsi environ 80% de la population.
En 2023, 83% des polices municipales sont armées, un chiffre en hausse par rapport à 65% en 2016, avec une augmentation des agents équipés d’armes à feu passant de 48% à 58%. Cependant, Paris, avec ses plus de 2.200 policiers municipaux, demeure une exception sans agents armés, la mairie prônant une police axée sur le contact de proximité.
Les candidats allant du centre droit à l'extrême droite soutiennent l'augmentation des effectifs et leur armement. En revanche, Emmanuel Grégoire, leader de la gauche unie, s'oppose farouchement à cette idée, affirmant que "les missions de la police municipale ne justifient pas ce recours". Pourtant, il propose que les brigades nocturnes soient équipées de pistolets à impulsion électrique si élu.
Une arme pour protéger et rassurer
Les demandes des agents eux-mêmes sont claires : armés pour assurer leur sécurité et celle des citoyens, ils doivent souvent intervenir en premier sur les lieux d'incidents. Jean-Paul Jeandon, maire de Cergy et expert en sécurité, mentionne que "posséder une arme lors de contrôles routiers de nuit apporte un certain réconfort".
"L'armement est devenu inévitable pour une police municipale efficace", affirme Sofyan El Belqasmi, chef de la police municipale de Saint-Denis. Tous les agents suivent une formation rigoureuse de 120 jours sur la manipulation d'armes, encadrée par des formateurs de la police nationale ou de la gendarmerie.
Thierry Colomar déclare que les entraînements sont aussi stricts que ceux des unités d'élite comme le GIGN. Il conclut que le sujet de l'armement n'est plus à débattre. D'autant plus, alors que 4.500 postes restent vacants, le fait d'être armé constitue un atout attractif pour de nouveaux candidats. Jean-Paul Jeandon a même dû offrir des armes pour inciter des candidats à rejoindre la brigade de nuit à Cergy.
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