Après les moindres portions au même prix (shrinkflation), l’ONG Foodwatch met en lumière un autre phénomène : la stretchflation. Ce terme désigne l’augmentation légère du poids d’un produit, accompagnée d’un prix bien plus élevé.
Dans un communiqué diffusé jeudi, Foodwatch a révélé des cas "flagrants" signalés par des consommateurs. Le principe reste constant : "ajouter quelques grammes à un produit" tout en "présentant ces nouveaux formats à un prix démesuré". Ce constat a été mis en avant par plusieurs experts, notamment par Audrey Morice, responsable de campagne chez Foodwatch, qui affirme dans Le Parisien que les consommateurs se croient gagnants alors qu’ils perdent sur le prix au kilo.
Illustrations concrètes, le "La Panée Garden Gourmet" de Nestlé a vu son poids augmenter de 2,7% (de 180g à 207g) entre octobre 2023 et décembre 2025, pour un prix au kilo grimpant de 21,1%. L’exemple du bocal de cornichons Kühne, qui est passé de 185g à 190g (une hausse similaire de 2,7%), révèle une augmentation de prix au kilo de 27,92% (de 11,32€ à 14,48€).
Une hausse des prix alarmante
Foodwatch a observé une montée en flèche des prix de 17% à 27% au kilo sur les produits concernés, alors que le poids n’a augmenté que de 2,7 à 15%. Déterminer la responsabilité de cette inflation reste flou ; qu’elle soit imputable aux industriels ou aux distributeurs. Contacté par Le Figaro, Nestlé déclare que ses produits sont vendus au même prix au kilogramme que leurs anciennes versions, laissant aux distributeurs le soin de fixer les prix de vente.
La firme ajoute que la méthodologie de Foodwatch ne reflète pas la réalité du marché. Mondelez, pour sa part, justifie l’augmentation des prix des Mikado par un contexte inflationniste, tandis que Stoeffler a investi dans l'amélioration de la qualité de sa flammekueche.
Foodwatch appelle les consommateurs à rester vigilants face à ces pratiques, même si elles sont légales. "Combien de stratagèmes les industriels imagineront-ils encore ?", s’interroge l’organisation.
Attention aussi à la cheapflation
Le Code de la consommation interdit cependant les pratiques commerciales déloyales. Depuis le 1er juillet 2024, la shrinkflation est encadrée par un arrêté obligeant les grandes surfaces à signaler les produits affectés.
Outre la shrinkflation et la stretchflation, les consommateurs doivent désormais se méfier de la cheapflation, qui évoque une dégradation discrète de la qualité d’un produit, sans ajustement proportionnel du prix. Ces crises économiques engendrent de nouveaux comportements peu scrupuleux dans le monde de la consommation.







