La tension monte au sein de la banque, avec 78.000 salariés de la fédération nationale du Crédit Agricole (FNCA) appelés à un débrayage de deux heures, ou éventuellement une demi-journée, pour exprimer leur mécontentement. Ce mouvement est d'autant plus marquant dans une institution mutualiste, où les grèves restent rares.
Qualifiée de "grande première" par les syndicats, cette mobilisation prend racine dans un décalage croissant entre les attentes des salariés et l'attitude de la direction. Jean-Yves Salvat, secrétaire national de Sud-Crédit Agricole Mutuel, a dénoncé un "manque de respect" lors des négociations salariales, souhaitant une réouverture de celles-ci, qui ont abouti à une insatisfaction considérable en n'accordant qu'une hausse générale de 0,5%.
François-Xavier Heulle, directeur général adjoint de la FNCA, admet que la négociation était complexe, mais souligne la possibilité d'augmentations individuelles, laissé à la discrétion des caisses régionales. Un équilibre délicat qui ne parvient pas à apaiser les inquiétudes des employés.
Plan "efficacité" et ses conséquences
Les revendications des syndicats s'étendent également aux impacts d'un plan désigné "efficacité", visant à mutualiser certaines fonctions au sein des caisses régionales. Eric Gonce, directeur adjoint en charge de la transformation, assure que ce programme vise à optimiser les opérations, mais n'évoque pas les répercussions possibles sur l'emploi.
"Des transformations sont à venir, et nous comprenons que cela puisse susciter des craintes", a-t-il déclaré.
Les syndicats pourraient donc être amenés à demander plus d’informations et à exiger une meilleure association au projet "efficacité", en vue de négocier des mesures d'accompagnement pour le personnel. Salvat a noté que ce projet pourrait menacer jusqu'à 150 postes dans certaines caisses régionales.
Fermetures d'agences : un problème croissant
Un autre point de tension concerne la fermeture croissante d'agences, un phénomène noté par Sud-Crédit Agricole, qui a observé la fermeture de 112 agences l'an dernier, un chiffre alarmant qui représente un doublement par rapport aux années précédentes.
Malgré ces préoccupations, le Crédit Agricole se pointe toutefois comme une institution rentable, affichant un bénéfice net d'environ 3,2 milliards d'euros sur les trois premiers trimestres de 2025. Olivier Gavalda, nouvellement nommé directeur général, devra gérer cette crise sociale tout en maintenant la stabilité financière du groupe.







