Pour les clients du Crédit Agricole, il faudra probablement attendre vendredi pour accéder aux agences, car plusieurs syndicats annoncent un débrayage ce jeudi. Cette initiative vise à dénoncer des augmentations de salaires jugées insuffisantes et un plan de transformation préoccupant pour l'emploi.
Ce mouvement social est presque exceptionnel. La grève est en effet rare dans le secteur bancaire, d'autant plus au sein d'une institution mutualiste comme le Crédit Agricole. Les syndicats ont qualifié ce mouvement de « grande première » dans une communication récente.
Mobilisation de 78 000 salariés
Les près de 78 000 employés de la Fédération Nationale du Crédit Agricole (FNCA), qui regroupe 39 caisses régionales et leurs filiales, sont invités à cesser le travail pour une durée de deux heures, voire une demi-journée ou une journée entière pour ceux qui le souhaitent.
Jean-Yves Salvat, secrétaire national Sud-Crédit Agricole Mutuel, déplore un « manque de respect » de la part de la direction lors des négociations de salaires de fin d'année. Les syndicats n’ont pas digéré l'échec de ces discussions, qui n’ont débouché que sur une augmentation d'environ 0,5 %. François-Xavier Heulle, directeur général adjoint de la FNCA en charge des ressources humaines, reconnaît que ces négociations n'ont pas été simples, tout en soulignant qu'il existe des augmentations individuelles à la discrétion des caisses régionales, qui fonctionnent de manière autonome.
Controverse sur la mutualisation des métiers
Les syndicats se prennent également à bras le corps les effets d'un plan visant à mutualiser certaines fonctions, baptisé « efficacité », soutenu par la direction. Eric Gonce, directeur adjoint de la FNCA chargé de la transformation et de la performance, explique que l'objectif est de traiter les opérations de manière plus « industrielle » au sein des caisses régionales.
Jean-Yves Salvat souligne que ce plan pourrait entraîner des pertes d'emplois, pointant une menace sur 150 postes dans la caisse régionale du Centre Ouest, qui englobe la Haute-Vienne et l'Indre. De plus, les syndicats surveillent l’évolution du nombre d’agences, qui a commencé à diminuer au début des années 2010 et s’est intensifiée l’année dernière, avec 112 fermetures d’agences, ce qui est deux fois plus que précédemment.
Pourtant, le Crédit Agricole ne fait pas face à des problèmes de rentabilité : le bénéfice net du groupe s'élève à environ 3,2 milliards d'euros pour les trois premiers trimestres de 2025. De plus, un nouvel directeur général, Olivier Gavalda, a été nommé en mai 2025 au sein de l'entité cotée du groupe, Casa.







