En prenant en charge la collecte des déchets dans quarante communes environnantes à Rennes, Suez a récemment mis en place une flotte de camions décarbonés. Cette initiative a été lancée en novembre 2025 et vise à réduire l'empreinte carbonique tout en questionnant l'efficacité du service.
Une flotte décarbonée de 6 millions €
Cette nouvelle flotte se compose de dix-sept véhicules, dont quatre camions bennes électriques et quatre fonctionnant au B100, un carburant écologique extrait de l'huile de colza. Elle représente un investissement de 6 millions d'euros, louée auprès de Kertrucks, un partenaire local. Cette démarche, saluée pour sa portée environnementale, suscite aussi des interrogations sur la performance de la collecte.
Diminution des émissions de gaz à effet de serre
Ce renouvellement est intervenu après la réorganisation de la collecte par Rennes métropole, qui a alloué 20 millions d'euros pour des prestataires sélectionnés. Suez a perdu des segments de marché au profit de Derichebourg, son concurrent. Toutefois, cette nouvelle direction vise à réduire les émissions de gaz à effet de serre, un objectif partagé par de nombreux acteurs locaux. Olivier Vallée, responsable des contrats de service chez Suez, souligne l'importance d'adapter la structure de la collecte.
Véhicules silencieux, mais des défis résiduels
Les véhicules silencieux apportent un certain confort de travail aux 56 employés de Suez. "Il n’y a plus de bruit ni de gaz polluants", se réjouit Vallée. Cependant, les retours sur le terrain sont mitigés. Selon un conducteur, René Coquil, le fonctionnement des camions biogaz est parfois moins efficace : "Nous consacrons une heure de plus par tournée à cause de la nécessité de déclencher manuellement certaines opérations". En parallèle, il évoque une baisse de la capacité de transport, les camions électriques ne pouvant emporter que 7 tonnes de déchets, contre 12,3 tonnes pour les anciens modèles au gasoil.
Malgré cette situation, Suez a également introduit un vélo électrique avec une remorque pour collecter les déchets autour des bornes d’apport volontaire, démontrant ainsi un engagement envers une démarche plus intégrée et durable.
Pour des citoyens qui trient mieux
La transition vers ces nouveaux camions a également eu un impact sur le rythme des collectes. Un changement significatif : la fréquence est passée d'une collecte hebdomadaire à une toutes les quinze jours, incitant les citoyens à mieux trier leurs déchets. "Cette réduction de fréquence a ses avantages, malgré les défis en termes de performance technique", conclut Vallée.
La mise en œuvre de cette flotte décarbonée à Rennes révèle les complexités du passage à des solutions écologiques. Si la démarche est applaudie pour sa responsabilité environnementale, elle pose aussi des questions concernant la performance et la viabilité du service de collecte de déchets à l’avenir.







