L'électricité attendra un peu plus. Le projet de redémarrage de la centrale nucléaire de Kashiwazaki-Kariwa, la plus vaste au monde, a été stoppé le 22 janvier, à peine quelques heures après avoir été relancé. Comme l'indique l'opérateur Tokyo Electric Power (TEPCO), une alarme s'est déclenchée durant les premières opérations de mise en service. Takashi Kobayashi, porte-parole de TEPCO, a précisé que malgré cette situation, le réacteur concerné demeurait « stable ».
Initialement mise à l'arrêt après le désastre de Fukushima en 2011, la centrale de Kashiwazaki-Kariwa avait reçu récemment le feu vert du gouverneur de Niigata pour relancer ses opérations. « Nous menons une enquête pour déterminer la cause de cet incident » a ajouté Kobayashi, sans pouvoir se prononcer sur une date de reprise des travaux. Tandis que la redémarrage initialement prévu se heurte à des problèmes techniques, la tension demeure palpable.
Une population divisée et des oppositions grandissantes
Les temps ont changé depuis la mise à l'arrêt des réacteurs nucléaires au Japon. Une pétition regroupant près de 40 000 signatures a été remise à TEPCO et à l'Autorité de régulation nucléaire, dénonçant la relance de cette centrale installée dans une région sujette aux séismes. « Cela n’a pas de sens de mettre en danger seulement les habitants de Niigata pour produire de l’électricité pour Tokyo », s’est indignée Yumiko Abe, une résidente de 73 ans, lors d'une manifestation.
Selon une enquête récente, 60 % de la population locale s’oppose à la réouverture du réacteur, tandis que seulement 37 % s’y déclarent favorables. L’opinion publique reste marquée par l'incertitude qui entoure encore la situation à Fukushima. Keisuke Abe, 81 ans, a exprimé son indignation : « Comment pouvons-nous envisager de redémarrer une centrale alors que la catastrophe de Fukushima n'est pas complètement maîtrisée ? » affirme-t-il. Les répercussions de cet incident mettent en lumière le dilemme énergétique du Japon, tiraillé entre le besoin croissant d’électricité et la sécurité de ses citoyens.







