Le saga du Mercosur n'a pas encore trouvé son dénouement. Après des décennies de négociations, l'accord de libre-échange entre l'Union européenne et les pays sud-américains semblait finir en février avec la signature du traité. Cependant, le 21 janvier, un vote serré au Parlement européen a renvoyé cet accord vers la Cour de justice de l'UE, un coup d'arrêt inattendu. Avec seulement dix voix d'écart, les députés ont décidé de confirmer la légalité du traité d'après les normes européennes. Selon Politico, "le parlement ne pourra pas voter sur l'accord avant que la Cour ne se prononce, ce qui pourrait prendre de 18 à 24 mois".

Derrière cette décision, on retrouve l’opposition de plusieurs États membres, notamment l’Autriche, la Hongrie, la Pologne, l’Irlande et la France, qui ont exprimé leurs préoccupations sur les impacts de cet accord sur leur agriculture. Malgré cela, Ursula von der Leyen avait signé le traité lors d'une visite au Paraguay, marquant l’étape finale d’un long processus.

Un malaise au cœur de l'Europe

Ce retournement a été décrit par Corriere della Sera comme le reflet d'un "malaise diffus" au sein de l'UE. Les manifestations des agriculteurs, particulièrement marquées en France, ont renforcé cette position. Les tensions entre l'ouverture des marchés et le besoin de consensus interne se font de plus en plus sentir, nous rappelle le média italien.

Un enjeu démocratique en jeu

Face à cette situation, la Commission européenne a encore la faculté de mettre en application le traité à titre provisoire. Toutefois, cette possibilité a des implications significatives. Politico avertit que si la Commission décide d'agir ainsi, cela pourrait provoquer un conflit entre les institutions européennes sur la question du contrôle démocratique, rendant la situation encore plus complexe.