À Beaucaire, dans le Gard, un centre habilité s'affaire à un processus délicat et parfois périlleux : le démantèlement des voitures électriques accidentées. Entre tension électrique et risques d'incendie, cette activité, trop souvent méconnue, s'avère essentielle pour l'avenir de l'industrie automobile.
Cette R5 électrique, à peine utilisée, a trouvé sa fin dans un hangar. Endommagée, elle est désormais destinée au démantèlement, mais ce n'est pas une tâche ordinaire. En effet, sous son châssis se cache une batterie haute tension, un composant redoutablement dangereux si mal manipulé.
À son arrivée au centre de Beaucaire, le véhicule est isolé dans une zone réservée aux voitures électriques. Jérémy Gissy, co-gérant du site, révèle que "c'est rare que les voitures arrivent réellement à zéro". "Il y a toujours une tension présente dans la batterie."
Quinze jours sous surveillance
Lorsque la voiture entre dans le centre, les techniciens s'assurent de déconnecter le système électrique et de mesurer la tension résiduelle. Si des doutes subsistent, le véhicule est mis en quarantaine pendant quinze jours sous une couverture anti-feu, car, comme le souligne Cédric Gissy, co-gérant : "Il peut y avoir un risque d'incendie".
Une batterie peut contenir plus de 1 000 volts, une énergie suffisante pour créer un arc électrique. Le moindre faux pas peut être fatal.
Des techniciens hautement formés
Dans un atelier conçu pour résister à des températures extrêmes, deux techniciens procèdent à l'extraction de la batterie. Ce processus exige une formation d'un an ainsi qu’un équipement complet : combinaison isolante et gants certifiés. Jérémy Gissy explique : "Cette combinaison nous protège contre les arcs électriques". Chaque étape est rigoureusement contrôlée.
En France, seulement 150 centres agréés possèdent ces compétences. Actuellement, les véhicules électriques ne représentent que 6% des véhicules traités à Beaucaire, mais cette proportion augmente rapidement avec l'essor de l'électromobilité.
Le second voyage des batteries
Après démontage, la batterie est envoyée vers un autre centre spécialisé dans le recyclage, où elle sera broyée et brûlée pour séparer les métaux contenus, tels que le cobalt, le manganèse et le lithium, explique Vanessa Montagne, directrice générale de l’association Recycler mon véhicule.fr.
Recycler, un geste citoyen et gratuit
Qu'il s'agisse de véhicules thermiques ou électriques, il est crucial de faire appel à un centre agréé. Non seulement cela assure une manipulations sécuritaire, mais cela prévient aussi les fraudes et problèmes juridiques. De plus, le démantèlement est gratuit pour le propriétaire, un geste à la fois écologique et citoyen, de plus en plus encadré.







