"Nous étions nombreux, et cela allait au-delà de la jeunesse : il y avait des personnes de tous âges, des hommes et des femmes, illustrant la diversité de notre société." Shirin*, âgée de 25 ans, a vécu de l’intérieur les récentes manifestations à Téhéran qui ont éclaté le 28 décembre.
Contactée par franceinfo, elle parle d'une voix basse et rapide, craignant pour sa sécurité. Elle a saisi l'opportunité d'un rétablissement temporaire de l'accès Internet, coupé depuis le 8 janvier, pour partager son récit de répression.
Avec ses parents, elle a rejoint le mouvement des commerçants de la capitale contre la flambée des prix, bien que ce ne fût pas sa première implication. Elle avait auparavant pris part aux manifestations pour le mouvement "Femme, Vie, Liberté" en 2022, né après la tragique mort de Mahsa Amini.
"Tout son visage est devenu rouge"
Malheureusement, ce jour-là, la situation s'est rapidement détériorée. La foule a été confrontée à des tirs et à des gaz lacrymogènes. D'après l'organisation non-gouvernementale Amnesty International, les forces de l'ordre ont utilisé des fusils d’assaut et des mitrailleuses semi-automatiques, comme le montrent plusieurs vidéos vérifiées par l'organisation.
"Les soldats visaient la tête des gens. La probabilité qu'une balle touche quelqu'un ne leur importait guère. J'ai vu des personnes s'effondrer. Nous ne savions pas si elles étaient encore en vie ou non."
Shirin, une manifestante iranienneà franceinfo







