La guerre en Iran a des répercussions significatives sur l'industrie textile du Bangladesh, essentielle à son économie. Les augmentations des prix des fibres synthétiques, estimées entre 10 et 15 %, mettent à mal les marges bénéficiaires des fabricants. Comme l'indique Nikkei Asia, “les clients refusent de payer plus cher pour les commandes déjà passées”.

Le secteur, considéré comme un pilier de l'économie bangladaise, subit déjà la pression d'une hausse des coûts des matières premières. La flambée des cours du pétrole et les perturbations dans les chaînes d'approvisionnement pour des produits tels que le polyester et le nylon aggravent la situation, et certains produits chimiques nécessaires au traitement des textiles ont vu leurs prix tripler.

Mahmud Hasan Khan, président de l'Association des fabricants et exportateurs de vêtements du Bangladesh (BGMEA), explique que des fournisseurs augmentent leurs prix en prévision de futures difficultés : “Certains fournisseurs augmentent également leurs prix”.

Une pression croissante sur le secteur

Si les expéditions n’ont pas encore été trop perturbées, les coûts logistiques devraient croître rapidement alors que la chute des prix du pétrole commence à se faire ressentir sur le fret. Le climat actuel incite également les usines à s’inquiéter de leur sécurité énergétique. Les autorités bangladaises ont instauré un système temporaire pour permettre aux usines d'accéder à des réserves limitées de diesel, principalement pour leurs générateurs.

Bien que le gouvernement assure avoir des réserves de carburant pour un mois, les longues files d'attente aux stations-service et les mesures de rationnement témoignent de la montée des tensions. L'adoption d'horaires d'ouverture réduits pour les administrations et la fermeture prématurée des marchés soulignent le sérieux de la situation.

Pour le moment, la production de vêtements reste stable grâce aux stocks de matières premières disponibles. Toutefois, la situation pourrait changer rapidement. Comme l'affirme The Financial Express, “Le secteur du prêt-à-porter bangladais est confronté à une pression croissante, le conflit en cours au Moyen-Orient perturbant les chaînes d’approvisionnement”, accompagnant cette incertitude d'une prévision de déficit de commandes de 20 à 25 % pour la prochaine saison. La hausse mondiale des prix du pétrole pourrait également amener les consommateurs occidentaux à limiter leurs dépenses vestimentaires, menaçant davantage les ventes des exportateurs.