Le blocus du détroit d'Ormuz entraîne une flambée des prix du carburant en France, compliquant la vie quotidienne de nombreux professionnels. Infirmiers libéraux et chauffeurs de taxi, qui doivent parcourir de longues distances, souffrent particulièrement de ces hausses.
Les tarifs des carburants explosent. En seulement trois semaines, le prix a grimpé de près de trente centimes par litre, ajoutant une pression insoutenable sur les budgets de ceux qui ont besoin de rouler quotidiennement. "Environ 43 000 km par an, cela veut dire que l’augmentation de 30 centimes par litre est devenue un fardeau insupportable", témoigne Anthony Ricci, vice-président de l'Ordre national des infirmiers, basé à Châtillon-Coligny.
La crise du détroit d'Ormuz, en raison des tensions géopolitiques, a fait exploser le prix du baril de pétrole, dépassant les 100 dollars. En France, le prix moyen du gazole est passé de 1,722 euro à 2,080 euros par litre depuis le début des conflits au Moyen-Orient. Pour Anthony Ricci, qui parcourt environ 150 km par jour pour visiter ses patients, chaque centime compte. "Un plein à près de 100 euros chaque semaine, alors que mes revenus ne sont pas proportionnels aux dépenses, cela devient alarmant", confie-t-il à France 3.
"Un acte simple, comme une injection, est facturé 3,15 euros, et les déplacements à domicile à 2,75 euros. Ces tarifs conventionnés ne permettent pas d’augmenter les honoraires", explique Ricci. Cela signifie que les infirmiers doivent travailler encore plus pour tenter de compenser, certains se demandant sérieusement s'ils doivent changer de métier.
"Je perds près de 3 000 euros tous les 15 jours"
Les chauffeurs de taxi rencontrent des difficultés similaires. "La semaine prochaine, beaucoup de clients pourraient se retrouver sans taxi", prévient Sandra Vialatte, présidente de la Fédération des taxis du Loiret, à France 3. Depuis novembre, des changements dans la tarification des transports sanitaires ont réduit les remboursements de l'Assurance maladie, rendant certaines courses non rentables. "Nos tarifs étant fixés par l'État, nous ne pouvons pas les ajuster", déclare Arnaud Guénet, un taxi basé à Rouen, à Ici. L'impact financier est tel que Sandra Vialatte, à la tête d'une entreprise de taxis comptant une trentaine d'employés, perd environ 3 000 euros tous les 15 jours, et envisage des licenciements.
Des discussions sont actuellement en cours avec le ministère des Transports. La Fédération nationale des artisans taxis propose de s'inspirer des mesures adoptées en Espagne et en Italie, où des baisses de TVA et des réductions temporaires des prix du carburant ont été mises en place. Les infirmiers, quant à eux, souhaitent un remboursement partiel du carburant, comme c'est le cas pour les transporteurs.







