Depuis la fermeture du détroit d'Ormuz, l'attention se tourne vers d'autres sources d'hydrocarbures.
La situation met en lumière l'Algérie, membre de l'OPEP et principal exportateur de gaz en Afrique. Contrairement au Qatar, qui se tourne vers le gaz naturel liquéfié (GNL), l'Algérie mise sur des gazoducs tels que le Transmed vers l'Italie et le Medgaz vers l'Espagne.
Selon Moez Ajmi, expert au sein d'EY, ces gazoducs, combinant sections terrestres et sous-marines, offrent un avantage significatif en étant protégés des attaques de drones et de missiles iraniens.
Malgré cela, ces infrastructures fonctionnent déjà à pleine capacité, desservant principalement l'Italie et l'Espagne, et pourraient faire face à des limites structurelles en matière de volume, selon Geoff Porter de North Africa Risk Consulting.
Des discussions cruciales
Depuis le déclenchement de la guerre en Ukraine l'année dernière, l'Algérie s'est révélée indispensable pour l'Europe, agissant comme un pilier dans sa transition énergétique. Le ministre italien de la Sécurité énergétique, Gilberto Pichetto Fratin, a d'ailleurs mentionné des discussions avec des pays comme l'Algérie et l'Azerbaïdjan pour compenser les pertes de gaz.
Cependant, Moez Ajmi souligne que pour véritablement rivaliser avec le Qatar, l'Algérie devra investir massivement pour doubler sa production de gaz, avec un plan d'investissement ambitieux de 50 à 60 milliards de dollars en cours.
Pour le moment, remplacer le Qatar, dont la production est deux fois supérieure, semble peu réaliste sans de lourds investissements en infrastructures.
En parallèle, la Libye présente un potentiel remarquable grâce à ses vastes réserves pétrolières, mais son instabilité politique freine actuellement toute avancée. Selon les experts, une collaboration avec des entreprises américaines pourrait également dynamiser le secteur énergétique, mais cela nécessitera des années d'efforts.
Vers un avenir prometteur mais incertain
La Libye pourrait augmenter sa production pour compenser les pertes du Golfe, toutefois, des années de paix et de développement infra-structurel restent nécessaires. Alors que la guerre en Iran rebat les cartes, l'Algérie et la Libye doivent naviguer avec prudence pour tirer parti de cette opportunité.







