Huit bénévoles de la Fédération française des motards en colère mènent actuellement une opération de sensibilisation à la sécurité routière, avec un focus particulier au collège Albert-Camus d’Eysines.
Cette initiative se déploie en deux phases : une heure dédiée aux équipements de sécurité et une autre aux comportements à adopter pour éviter les dangers, que l’on soit piéton, cycliste ou conducteur de trottinette électrique. En tout, six classes de troisième du collège Albert-Camus participent à ces ateliers enrichissants.
Les intervenants, Philippe Gérand et Pierre Gruson, qui militent au sein de l’antenne girondine de la FFMC, captent rapidement l'attention des élèves. Grâce à des explications théoriques, des vidéos, et des schémas clairs, ils mettent en place des tests de perception. L’un d’eux consiste à demander à un volontaire de s'asseoir au centre de la salle et de viser un feutre que Gérand déplacera vers l’avant. L’élève doit ensuite répondre à des questions sur la couleur et le positionnement de l'objet, illustrant ainsi la compréhension limitée de notre champ visuel. "La vision précise se limite à un angle de 13 à 15 degrés", souligne Gérand.
Des tests révélateurs
Les élèves sont confrontés également à une mise en situation impactante : une photo d’un piéton engagé sur un passage piéton, puis la même scène vue par un conducteur roulant à 50 km/h, où le piéton devient flou, presque invisible. "Il se passe une seconde entre le moment où vous voyez les feux de freinage s’allumer et le moment où vous commencez à freiner", prévient Gérand.
Un autre test souligne que n’importe quelle distraction, comme un échange de mots en classe, peut impacter le temps de réaction. "Le temps de réaction humain est d’une seconde. Cela équivaut à environ 15 mètres parcourus à 50 km/h avant d’arrêter complètement le véhicule", explique Gérand. Les élèves retiennent ainsi des messages cruciaux comme "ne jamais doubler par la droite" et "ne pas monter à deux sur une trottinette".
Une expérience personnelle marquante
Investi depuis 2009 dans l’éducation routière des jeunes, Philippe Gérand partage une anecdote poignante. "Un proche a perdu une jambe dans un accident de moto. Cela s’est produit très vite à cause d’une jeune conductrice trop concentrée sur sa radio. Ce n’est pas le genre d’histoires qu’on aime raconter, mais c’est la réalité tragique de nombreux accidents." Cette expérience personnelle illustre la nécessité de cette sensibilisation, un enjeu crucial pour la sécurité routière.







