En Iran, les chaînes de télévision sont sous le contrôle strict du régime, offrant au public une information où la frontière entre propagande et manipulation est souvent floue. Dans un pays où l'accès à Internet est régulièrement restreint, ces médias jouent un rôle crucial en diffusant des messages soigneusement élaborés.
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"Ceux qui pensent que la révolution est à portée de main, je veux leur dire : ce message s'adresse à vous, tant à l'intérieur du pays qu'à l'extérieur. Nous ne nous contenterons pas de la confiscation de vos biens ; nous ferons en sorte que vous regrettiez amèrement vos choix", déclare Reza Malai, présentateur sur la télévision de la République islamique d'Iran le 11 mars dernier. Ce type de diatribe est quotidiennement diffusé auprès des Iraniens, soulignant la défiance du régime envers ceux qu'il qualifie d'opposants.
Des Iraniens "martyrs" pour le régime
Un terme revient incessamment sur les écrans : celui de "martyr", utilisé pour honorer à la fois les dirigeants du régime et les civils décédés lors de frappes. Les funérailles de ces derniers sont largement médiatisées pour renforcer l'idée d'une nation unie derrière son gouvernement. "Même face aux bombardements, notre peuple reste sur place pour soutenir les funérailles de nos martyrs", retentit souvent sur les ondes iraniennes.
Les reportages glorifient l'action militaire et exagèrent souvent les victoires. "Nos frappes ont gravement affaibli l'Amérique", assure Asghar Zarei, un responsable des renseignements, en référence aux récentes opérations militaires. Un animateur-présentateur n'hésite pas à parler du Sejil, un missile que l'Iran brandit comme argument décisif dans le conflit. "Les systèmes radar américains et israéliens sont obsolètes face à ce missile", déclare-t-il avec conviction.
L'Iran face à ses réalités
En réalité, les systèmes de défense ennemis demeurent opérationnels. Selon Meriem Amellal, journaliste chez France 24 et spécialiste du Moyen-Orient : "L'Iran réduit considérablement l'impact des attaques sur son territoire, en continuant à valoriser sa résistance". Cette manipulation des faits se ressent dans l'optique où la télévision d'État iranienne, tout en clamant de victorieux récits, fait mention de sa prise de contrôle stratégique sur le détroit d'Ormuz, vital pour les approvisionnements pétroliers mondiaux. L'amiral Faramarz Bemani, commandant de la marine iranienne, a déclaré : "Nos forces sont prêtes, et l'ennemi sait qu'il ne peut s'approcher du détroit d'Ormuz sans risquer de lourdes conséquences".
Malgré les pertes subies par le régime, la télévision d'État persiste à promouvoir l'image d'un Iran triomphant dans ce conflit, véhiculant un discours de force et de résilience à ses citoyens.
Sources mentionnées :
Visionnage de la télévision iranienne (IRIB Islamic Republic of Iran Broadcasting)
Le Monde - L’Iran coupe progressivement les dernières voies d’accès à l’internet
Interviews :
Meriem Amellal : journaliste pour France 24, spécialiste du Moyen-Orient
Liste non exhaustive







