L'essentiel : Face à la flambée des prix à la pompe, les certificats d'économie d'énergie (CEE), cumulant jusqu'à 17 centimes par litre, sont remis en question. Un dispositif écologique dont la suspension est désormais envisagée pour alléger la facture des automobilistes.
Les automobilistes froncés des sourcils sont de plus en plus nombreux dans les stations-service françaises. Depuis le début du conflit au Moyen-Orient le 28 février, les prix des carburants continuent de grimper. Ce vendredi 20 mars, le litre de gazole a atteint une moyenne de 2,085 euros, tandis que le sans-plomb 95 (E10) s'affiche à 1,936 euro. La lassitude se fait sentir parmi ceux qui prennent la route.
Cette situation incite les autorités à explorer des solutions potentielles pour apaiser les conducteurs. Parmi celles-ci, une mesure technique souvent méconnue pourrait être mise sur la table : les certificats d'économie d'énergie (CEE). Ce dispositif, qualifié de "taxe invisible", influe directement sur le montant à débourser lors du plein.
Une "taxe invisible" qui coûte cher
Qu’est-ce que les CEE ? L’État impose aux fournisseurs d’énergie et aux distributeurs de carburant, comme Total et Leclerc, de participer à la transition écologique en offrant des subventions à ceux qui améliorent l'efficacité énergétique de leurs logements ou remplacent leur chaudière. En retour, ces entreprises reçoivent des "certificats" prouvant leur engagement. Cependant, ce coût est répercuté sur le prix à la pompe, rendant le carburant plus cher pour les consommateurs.
Actuellement, les automobilistes voient s'ajouter en moyenne 16 à 17 centimes par litre, un chiffre qui pourrait s'alourdir encore davantage. À la fin de l'année 2025, cette somme pourrait atteindre 11 centimes. L'augmentation de 27 % de l'enveloppe dédiée à ces certificats annoncée par le gouvernement en octobre dernier, portant le budget à plus de huit milliards d'euros, aggrave la situation.
Vers une suspension des CEE ?
Alors que le conflit au Moyen-Orient semble loin d'être résolu, cette "taxe invisible" est de plus en plus critiquée. L'association UFC-Que Choisir a déjà soulevé la question, affirmant que les foyers supportent principalement le poids de ces aides, estimées entre 124 et 244 euros par an sur leur facture énergétique.
Des acteurs comme Philippe Charlez, expert en énergie pour l'Institut Sapiens, plaident pour une suspension temporaire des CEE. Selon lui, "sur une hausse de 60 centimes sur le diesel, ce n’est pas la solution miracle, mais un geste significatif et réalisable. L'État pourrait mettre en pause ces prélèvements pendant que la crise se stabilise et que les marchés retrouvent un équilibre". Les propos de Charlez, rapportés par La Dépêche du Midi, laissent entrevoir une piste d'action possible.
La question reste ouverte : le gouvernement sera-t-il prêt à revisiter ce dispositif fondamental pour la rénovation énergétique, qui soutient annuellement de 1,5 à 2 millions de projets pour les ménages ?







