Un mois après la tragédie ayant emporté sa fille de 17 ans, Hafida Ayachi refuse de se résigner. Suite au classement sans suite de leur plainte pour harcèlement scolaire, elle prend la parole pour dénoncer le manque d'écoute et d'attention portée à la souffrance de sa fille. "On n'a pas écouté ma fille", déclare-t-elle emphatiquement lors d'un entretien avec franceinfo.
Le suicide de Camélia, survenu le 13 janvier à Mitry-Mory, près de Paris, a secoué son entourage et la communauté éducative. Une marche blanche organisée le 25 janvier a rassemblé plus de 2 200 personnes, scellant une mobilisation collective contre le harcèlement scolaire sous la bannière "ensemble contre le harcèlement scolaire". L'oncle de la victime, Salim Ayachi, a témoigné du calvaire vécu par Camélia, victime prise pour cible par ses camarades.
Les enquêteurs ont interrogé plusieurs élèves, et lors de l'enquête, ils ont réalisé "59 auditions de témoins". Cependant, le procureur a jugé qu'il n'y avait pas de preuves suffisantes pour engager des poursuites. La mère de Camélia, toutefois, refuse d'accepter cette conclusion. "Justice n'a pas été faite. On ne peut pas se permettre de classer une affaire aussi vite", poursuit-elle, déterminée à ne pas laisser le système judiciaire clore ce chapitre prématurément.
Elle envisage ainsi de déposer une nouvelle plainte avec constitution de partie civile, pour relancer l'enquête. "Cette procédure, c’est mon nouveau combat. Le combat d’une vie", déclare-t-elle, animée par l'espoir que la voix de sa fille soit enfin entendue.
Le ministère de l'Éducation nationale a également annoncé qu'il attend les résultats d'un rapport de l'inspection générale, qui devraient être disponibles avant le début du mois de mars, pour éclaircir les circonstances entourant ce drame tragique.







