Lorsque le micro d'ICI Gironde entre dans le bus, Annie, une retraitée, s'inquiète en souriant : "On ne va pas passer à la télé, j'espère ?" En revenant du marché de la place Abel Surchamp, elle témoigne de son expérience : "Moi, j'ai l'habitude de prendre la Bastidette," un bus électrique gratuit circulant dans le cœur de Libourne.
Pour Annie, cette mesure est une vraie aubaine : "Le maire a fait quelque chose de bien, c'est gratuit et c'est très appréciable pour les personnes seules comme moi. La plupart des chauffeurs sont sympas," ajoute-t-elle, en tenant la barre d'appui derrière le fauteuil de Sylvain.
Sylvain, qui chauffe la Bastidette, raconte : "J'exerce dans ce métier depuis 25 ans. J’ai toujours vu la gratuité des bus à Libourne, instaurée d'abord pour les moins de 18 ans en 2009 puis étendue à tous en 2010. Les touristes sont souvent surpris d'apprendre que le voyage est gratuit, mais ils accueillent la nouvelle avec plaisir."
Une fierté affirmée par le maire sortant
Avec 1,6 million de passagers en 2025, la gratuité des transports est une fierté pour le maire sortant, Philippe Buisson, qui s'enorgueillit d'un soutien large au sein de la Communauté d'agglomération du Libournais (CALI)."À la base, c'était moi," souligne-t-il en ajoutant que le principe de gratuité est soutenu par toutes les sensibilités politiques, de l'extrême-gauche à l'extrême-droite. "Tout le monde salue cette mesure qui a permis une véritable modernisation des transports," dit-il.
Toutefois, cette vision est contestée par Christophe Gigot, l'opposition actuelle, qui se présente aux prochaines élections. "Je ne dis pas que ça coûte trop cher, mais je crois que la gratuité à tout va n'est pas viable, surtout avec la hausse des impôts locaux," estime-t-il. Gigot, qui ne cherche pas le soutien des Républicains pour cette élection, remet en question la durabilité de cette politique.
Des visions divergentes pour Libourne
Denis Mauget, candidat de La France insoumise, défend la gratuité : "C'est une mesure que nous portons depuis longtemps et nous souhaitons aller plus loin, avec des cantines gratuites et de qualité pour les enfants," assure-t-il. Sa vision d'une ville où la solidarité prime se heurte aux préoccupations économiques soulevées par ses opposants.
À l'approche des élections municipales des 15 et 22 mars, la question de la gratuité des transports et ses implications économiques et sociales continue d'alimenter les débats au sein de la communauté. La série de portraits radiophoniques "Ma commune, mon maire et moi" proposera des reportages sur les souhaits et attentes des Libournais.







